Kassory Fofana s’en prend au procureur Aly Touré et Cie : ‘’ils rabaissent les guinéens et abiment l’image de la Guinée’’

Dans une lettre ouverte, l’ancien Premier ministre dit avoir interpellé le procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), sur l’image qu’il donne à la Guinée. Pour Kassory Fofana, Aly Touré fait partie des magistrats qui rabaissent les guinéens. 

‘’Je l’ai signifié par écrit, sans équivoque, au procureur spécial de la CRIEF, M. Aly Touré, lorsqu’il m’avait demandé de commenter sa décision de me placer sous mandat de dépôt dans une procédure rocambolesque de flagrant délit. Je l’ai réitéré au ministre de la Justice, M. Alphonse Charles Wright quand il m’a rendu visite récemment à l’hôpital’’, indique l’ancien Premier ministre.

Avant de poursuivre : ‘’Des hommes de loi comme le procureur spécial de la CRIEF qui ont une maitrise plutôt approximative du droit et une moralité pour le moins douteuse enfreignent la loi, bafouent les droits de l’Homme allègrement, ne mesurent même pas le tort immense qu’ils causent au pays et ne se rendent pas comptent jusqu’où ils rabaissent les guinéens et abiment l’image de la Guinée et de sa justice républicaine’’.

Kassory Fofana défie le procureur Aly Touré de montrer aux guinéens ‘’la base légale de notre détention à date. Bientôt un an, nous sommes privés de liberté et jetés dans cet établissement pénitentiaire sans ménagement, dans l’illégalité absolue. Voilà, maintenant, après ce chemin de croix et une cascade de violations des règles et procédures sacrées du Droit, qu’on annonce, dans une précipitation suspecte, une grande effervescence médiatique, un procès pour ce 15 mars’’.

En d’autres conditions, souligne-t-il, ‘’c’est une bonne nouvelle, car enfin nous avons l’occasion de nous expliquer devant l’opinion, devant Dieu et les hommes pour prouver notre innocence, si évidente, laver notre honneur, souillé pour longtemps. De cause à effet, un procès organisé à la suite du tableau très sombre ainsi dévoilé n’a aucune chance d’être juste et équitable, parce qu’il n’est pas inspiré par la rigueur du droit et de la loi, mais, il est plutôt destiné à satisfaire l’orgueil d’avoir raison dans un dossier totalement vide’’.

Derrière ce procès, doute-t-il, ‘’il y a une volonté clairement exprimée de sauver la face dans un feuilleton qui n’a que trop duré et a fini par lasser et agacer toutes les bonnes consciences. Même les plus patients et indulgents d’entre nous, se montrent révoltés par une oppression ambiante’’.

‘’L’ordonnance qui nous renvoie devant la juridiction de jugement ne comporte aucun grief retenu à mon encontre, discuté préalablement comme l’exige la loi pendant l’instruction ou évoqué avec mes conseils. Il s’agit de nouvelles accusations, sorties de nulle part, dont nous n’avons jamais eu connaissance auparavant, à aucune des étapes de la procédure, à aucune des phases de l’instruction des 9 derniers mois. Comment être jugé sur des pièces et des éléments gardés à la discrétion des seuls poursuivants, ignorés des accusés et des autres parties dans le procès ? Où est la transparence exigée par tous et pour tous ? Peut-on, ainsi parler de procès équitable, sans contradiction ?’’, se demande l’ex-patron du dernier gouvernement d’Alpha Condé.

‘’Comme moyens de preuves, il n’y a aucun audit, aucun rapport d’audit produit, versé dans le dossier, résultant de missions d’inspection au sein des structures publiques (en l’occurrence l’ANIES et la MAMRI) qui auraient été spoliées ou seraient victimes de malversations financières, de détournements de deniers publics. L’ironie du sort est que ces structures publiques disposent toutes de Conseils d’Administration ou de comités de pilotages, de services comptables et d’audits internes. L’ironie du sort est que sur les périodes comptables considérées, ces structures n’ont pas signalé des déperditions frauduleuses de ressources financières, encore moins une implication quelconque du Premier ministre que je fus dans la gestion courante desdites structures. De quoi, m’accuse t-on alors ?’’, se demande-t-il.

Il estime que ‘’l’acharnement ne s’est pas limité qu’à moi, les actes d’offense et de vexations ont touché ma famille et mes proches aussi (…). A toutes ces victimes collatérales et innocentes, trainées devant la justice pour délit de proximité avec moi, je présente mes excuses sincères et exprime mes profonds regrets’’.

Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info

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