Nommé à la tête de l’Observatoire national autonome de supervision du référendum (ONASUR), Sekou Koureissy Condé s’est engagé, samedi, à garantir l’intégrité du scrutin à venir. Cette nomination, intervenue alors que l’intéressé avait publiquement exprimé son soutien au projet de nouvelle Constitution, a suscité une vague de critiques quant à sa partialité.
Face à la presse, l’ancien ministre a martelé que ‘’j’ai prêté serment et je le respecterai’’, réaffirmant sa volonté de veiller sur la transparence et la régularité du scrutin référendaire.
Pour répondre à ses détracteurs, il a rappelé son parcours. ‘’Moi, j’ai été nommé ministre de la Sécurité alors que j’étais leader d’un parti d’opposition. C’est l’intégrité. Vous ne pouvez pas ne pas reconnaître les mérites des gens, les souffrances des gens, ce qu’ils ont enduré, ce qu’ils ont défendu, et vous leur demandez de défendre ça, et vous voulez qu’ils refusent de défendre ça, sur la base du serment’’, a-t-il souligné devant un parterre de journalistes.
Le président de l’ONASUR a tenu à préciser que le référendum constitutionnel n’est pas une compétition électorale partisane. ‘’La Constitution n’est pas une compétition électorale pour une personne ou un parti politique. Il s’agit de se prononcer par rapport à un document fondateur, un document fondamental, un patrimoine culturel. À partir de ce moment-là, on ne tient pas compte de ce qu’il dit, oui ou non, mais de ce qu’il a été dans sa vie’’, a indiqué M. Condé.
Justifiant sa nomination, il a mis en avant son expérience dans la supervision électorale. ‘’Lorsque je supervise les élections au Congo-Kinshasa au nom de la Francophonie, on ne dit pas : parce que tu es guinéen, tu n’es pas congolais, tu ne dois pas le faire ici. Je participe à la supervision électorale dans les pays de la sous-région au nom de African Crisis Group depuis douze ans. On ne dit pas : non, mais tu ne peux pas le faire ici parce que tu n’es pas d’ici. Moi, je pense que c’est l’expérience, c’est la confiance, et puis c’est l’attente’’, a avancé l’ancien ministre.
Sekou Koureissy Condé a insisté sur l’exigence de neutralité pour tous les membres de l’ONASUR. ‘’Il faut qu’ils soient capables de faire une rupture, une différence entre leur opinion personnelle et l’intérêt général sur la base du serment devant la Cour suprême’’, a-t-il martelé.
Il a rappelé son parcours et l’importance de la responsabilité qui lui incombe. ‘’Il y a la personne et le personnage, c’est-à-dire la personne Koureissy Condé, appréciée sur la base des considérations et sur la base de rêve, de solidarité, de réconciliation, d’entente pour le pays. Celui qui a été médiateur de la République, secrétaire général du Conseil national de la transition, ministre de la sécurité, médiateur dans la sous-région, vous voulez que son propre pays dise : non, tu ne peux pas ? C’est parce qu’il est capable de discernement, me semble-t-il. Moi, j’ai besoin de votre accompagnement. J’ai prêté serment et je le respecterai’’, a-t-il promis.
‘’Avoir une opinion n’empêche pas d’assumer une responsabilité, c’est même une valeur démocratique’’, a-t-il conclu.
Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info
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