Le Groupe de la Banque mondiale a présenté, ce mercredi 7 octobre, la troisième édition du rapport sur le suivi de la situation économique de la Guinée. Intitulé « Au-delà de l’exploitation minière : transformer la richesse des ressources naturelles en croissance du secteur privé et en emplois », le document analyse les récentes performances de l’économie guinéenne et formule des recommandations pour mieux convertir la croissance minière en développement économique et social.
La Guinée affiche une croissance économique, mais reste confrontée à un défi majeur : faire en sorte que les performances du secteur minier profitent davantage à l’ensemble de l’économie et contribuent à la création d’emplois de qualité.
C’est l’un des principaux enseignements du rapport présenté, ce mercredi, lors d’un atelier de dissémination organisé par le Groupe de la Banque mondiale. La rencontre a réuni des représentants de l’administration publique, du secteur privé ainsi que des organisations de la société civile.
Présentant les grandes lignes du rapport, Fulber Tchiana Tachana, économiste principal du Groupe de la Banque mondiale pour la Guinée, a indiqué que le document s’appuie sur les données économiques les plus récentes, couvrant la période 2024-2025, avec des perspectives pour les trois prochaines années.
‘’Ce que nous avons présenté à l’intérieur du rapport, c’est la situation économique actuelle et ses perspectives. Nous voyons une économie qui est en pleine expansion avec un taux de croissance assez soutenu autour de 8 % en moyenne. Cette croissance est tirée beaucoup plus par le secteur minier, qui a une croissance de plus de deux chiffres autour de 15 %, et donc le secteur non minier n’est pas en reste, qui croît autour de 5 %’’, a-t-il expliqué.
‘’Nous avons dans ce rapport élaboré des éléments par rapport aux finances publiques, élaboré les dépenses, les éléments par rapport à la question de la réduction de la pauvreté, et nous voyons que avec les perspectives de croissance, il est bien de mettre en place des politiques pour pousser vers une plus grande redistributions et une plus grande réduction de la pauvreté’’, indique Fulber Tchiana Tachana.
‘’Nous avons regardé aussi, de façon très essentielle, la question de l’emploi. Comment est-ce que cette croissance peut être transformée en plus de développement du secteur privé, en plus de création d’emplois de qualité pour les jeunes, parce que ça c’est un défi, un défi pour les autorités, un défi pour nous aussi au niveau de la Banque mondiale’’, a ajouté l’économiste.
Pour la Banque mondiale, cette nouvelle étape offre au pays une occasion de transformer ses ressources naturelles en un levier de diversification économique.
‘’La Banque mondiale est entièrement disposée à soutenir les autorités de manière à ce qu’ils saisissent cette opportunité historique avec le début de l’exploitation du projet Simandou, afin que cette expérience soit une une expérience qui va produire une transformation profonde de l’économie guinéenne, donner un exemple aux pays de l’Afrique de l’Ouest de comment est-ce qu’on peut utiliser les mines pour transformer de façon qualitative l’économie et passer d’une économie qui dépend des ressources vers une économie plus diversifiée, plus flamboyante, qui donne des emplois, qui réduit la pauvreté, qui partage la prospérité’’, a indiqué Fulber Tchiana Tachana.
‘’C’est un rapport qui permet d’avoir une photographie de la situation économique de notre pays, de mettre en exergue les secteurs ou les aspects sur lesquels le pays progresse, mais aussi montrer évidemment, mettre à lumière là où nous devons faire des efforts. Nous devons faire des efforts pour créer plus d’emplois, plus d’emplois de qualité’’, a assuré Dr Barry.
Parmi les priorités identifiées figure la création d’emplois de qualité. ‘’Notre force, c’est la croissance économique, nous avons une croissance économique forte, mais elle est tirée par le secteur minier, et la caractéristique du secteur minier, c’est qu’il ne crée pas beaucoup d’emplois. Donc ce que nous devons faire, c’est comment profiter des ressources du secteur minier pour financer le développement des autres secteurs ‘’, a-t-il ajouté.
Le secrétaire exécutif de la CTSP a rassuré que les recommandations du rapport seront prises en compte et partagées avec les départements ministériels et les autres structures concernées.
La participation des organisations de la société civile a également été mise en avant lors de l’atelier.
‘’Les organisations de la société civile sont les parties qui sont permanemment en contact avec la communauté ‘’, a-t-elle souligné, estimant que les données contenues dans le document peuvent contribuer à mieux orienter les actions et les recherches de financement.
Elle a évoqué les données relatives au chômage et les perspectives liées à l’exploitation du projet Simandou.
Pour Maciré Sylla, la réflexion sur les retombées de Simandou doit également intégrer davantage les secteurs sociaux, notamment la santé.
‘’Il est aussi important d’impliquer la santé pour voir qu’est-ce qui sera fait aussi. Je sais que Simandou prévoit l’aspect santé, mais je pense que ce rapport aussi devrait clairement aussi retracer quelles sont les contributions qui seront apportées pour améliorer. Donc très impressionnée’’, s’est-elle réjouie.
Dans sa troisième édition du suivi de la situation économique, la Banque mondiale met ainsi l’accent sur un enjeu central pour la Guinée en vue de transformer une croissance largement portée par les mines en une croissance plus diversifiée, créatrice d’emplois et susceptible de contribuer davantage à la réduction de la pauvreté.
Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info
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