La Chine et la démocratie populaire intégrale : le Sud global et l’Afrique au cœur des « Deux Sessions »

Alors que chaque peuple fait librement le choix de la voie démocratique qui convient à ses propres réalités, à ses aspirations et à son rêve de société, le peuple multiethnique chinois adopte un système démocratique à la chinoise. Il s’agit de la démocratie populaire intégrale, qui prend ses racines philosophiques dans les profondeurs de la riche culture et de la civilisation multimillénaire chinoise.

L’extraordinaire progrès économique, social et scientifique que la Chine nouvelle a réalisé en quelques décennies, que le monde entier appelle « le miracle chinois », relève essentiellement de la réussite de ce système politique de démocratie populaire intégrale.

Dans le cadre de l’exercice de ce système, s’est tenu au début du mois de mars 2026, au Grand Palais du Peuple à Pékin, l’un des événements les plus importants de l’agenda politique en Chine. Il s’agit des « Deux Sessions » (lianghui) que constituent la session annuelle de l’Assemblée populaire nationale (APN) et celle de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC).

Chaque année, les « Deux Sessions » réunissent quelque cinq mille (5 000) représentants et élus politiques venus de toutes les provinces et des secteurs socio-économiques du pays.

L’Assemblée populaire nationale est l’organe législatif suprême de la République populaire de Chine. Elle rassemble près de 3 000 élus, issus des provinces, des régions autonomes, des municipalités et de l’Armée populaire de libération (APL). Elle examine les lois, les budgets, le rapport d’activité du gouvernement et entérine les grandes orientations politiques proposées par le Conseil des Affaires d’État.

La Conférence consultative politique du peuple chinois est l’organe consultatif composé de près de 2 000 membres issus de divers partis politiques non communistes, d’organisations sociales, de minorités ethniques, d’universitaires, d’entrepreneurs et de personnalités publiques. Elle joue un rôle important dans la formulation de recommandations politiques et la recherche d’un consensus autour des orientations socio-économiques majeures de la nation chinoise.

Les « Deux Sessions » constituent une institution dont le principe fondamental repose sur la démocratie populaire intégrale. La démocratie populaire intégrale est une démocratie à tous les niveaux. Sa vocation première est de répondre aux aspirations du peuple.

À cet égard, elle se caractérise par l’expression libre des opinions à travers une diversité de voies. Dans le pays profond, au-delà des délibérations en assemblée, les citoyens peuvent participer à l’élaboration des politiques par de multiples canaux, notamment des lignes téléphoniques disponibles à cet effet, des boîtes à suggestions, des plateformes numériques, etc.

Ainsi, les voix de tous les groupes sociaux s’expriment et sont prises en compte, témoignant de la plus large participation des citoyens aux affaires publiques. L’Assemblée populaire nationale assure une représentation fidèle de la diversité nationale. Dès lors, la démocratie ne se limite pas à l’instant du vote, mais se vit à chaque étape.

Ensemble, les deux instances politiques (APN et CCPPC) traduisent la singularité et la vitalité de la démocratie propre à la Chine.

Les sessions de l’année 2026 revêtent une importance particulière, car elles se déroulent à la fin du 14 Plan quinquennal et au lancement du quinzième plan pour la période 2026-2030.

Le quinzième plan quinquennal s’inscrit dans la continuité des précédents plans quinquennaux qui constituent, depuis les années 1950, un instrument fondamental de planification stratégique pour le progrès et la modernisation de la Chine.

Ce quinzième plan met particulièrement l’accent sur le développement des technologies de pointe, de l’intelligence artificielle, de la technologie quantique, de la robotique avancée, des réseaux de communication 6G, des biotechnologies et des technologies spatiales.

Ces secteurs sont considérés comme essentiels pour maintenir la Chine dans la compétitivité internationale et réduire la dépendance du pays vis-à-vis des technologies étrangères. Dans un contexte international marqué par des rivalités économiques et géopolitiques, il s’avère important d’accroître l’autonomie technologique du pays.

Du rapport d’activités présenté par le Premier ministre Li Qiang, nous retenons que :

« les principaux objectifs de développement économique et social de l’année 2025 ont été accomplis comme prévu. Le 14ᵉ Plan quinquennal a été réalisé pendant que la modernisation chinoise a fait un nouveau et solide pas en avant ».

Les principaux objectifs pour 2026 portent notamment sur :

  • une croissance économique de 4,5 % à 5 %,
  • la création de plus de 12 millions d’emplois dans les agglomérations urbaines,
  • l’accroissement des revenus des ménages au même rythme que la croissance économique,
  • l’amélioration du niveau de vie de la population,
  • l’équilibre global de la balance des paiements internationaux,
  • une production céréalière d’environ 700 millions de tonnes,
  • une baisse d’environ 3,8 % des émissions de CO₂ par unité de PIB.

Au cours des cinq prochaines années, la Chine établira les bases solides pour atteindre l’objectif de doubler le PIB par habitant d’ici 2035.

Au plan international, « la Chine restera fidèle à sa politique étrangère d’indépendance et de paix. Elle persistera dans la voie du développement pacifique, luttera fermement contre l’hégémonisme et la politique du plus fort, préservera l’équité et la justice internationales ».

Elle mettra en œuvre l’Initiative pour le développement mondial, l’Initiative pour la sécurité mondiale, l’Initiative pour la civilisation mondiale et l’Initiative pour la gouvernance mondiale.

Le pays participera activement à « la réforme et au développement du système de gouvernance mondiale et fera évoluer l’ordre international dans un sens plus juste et plus équitable ».

La Chine demeurera « une destination d’investissement idéale, sûre et prometteuse pour les entreprises étrangères ».

Le Sud global et l’Afrique figurent au cœur des « Deux Sessions »

Wang Yi, le ministre des Affaires étrangères, a confirmé que « la Chine reste profondément attachée au Sud global et enracinée en son sein. Elle est prête à avancer main dans la main avec les autres pays du Sud sur la voie de la modernisation et à promouvoir la construction d’une communauté de destin pour l’humanité ».

Au sujet de l’Afrique, Wang Yi, surnommé par de nombreux Africains « l’ami de l’Afrique », a noté que « les relations sino-africaines connaîtront cette année plusieurs nouveaux développements, notamment dans les domaines de la construction de la communauté de destin Chine-Afrique. Lesdites relations progresseront davantage avec l’accueil de plusieurs dirigeants africains en Chine ».

La Chine appliquera, à partir du 1er mai 2026, un tarif zéro sur 100 % des lignes tarifaires des produits africains.

« L’Année des échanges culturels Chine-Afrique » proposera près de 600 activités d’échanges au cours de 2026 ». Ainsi, fidèle à son engagement initial, la Chine propose un véritable programme d’actions au grand bénéfice de la coopération sino-africaine.

La volonté est fermement affichée de contribuer à la construction d’une communauté de destin pour l’humanité et de créer des perspectives plus radieuses pour le développement pacifique dans le monde.

Prof. Yoro DIALLO
Chercheur principal/Directeur du Centre d’études francophones
Directeur du Musée africain et du Musée des échanges Chine-Afrique
Winner of the “2024 Chinese Government Friendship Award”
Institute of African Studies, Zhejiang Normal University
China

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