Alors que notre pays s’apprête à franchir une nouvelle étape de sa transition politique, une question essentielle se pose avec insistance : devons-nous vraiment aller vers un parlement à deux chambres, ou serait-il plus sage et plus réaliste de rester sur une seule ?
Un Sénat pour quoi faire ?
Beaucoup y voient un signe de modernité, un mimétisme des grandes démocraties. Mais la réalité guinéenne est autre. Nous avons besoin d’institutions utiles, pas de structures de prestige. Un Sénat risque de devenir un abri pour politiciens recyclés, ou un lieu de compromis entre élites, sans réel impact sur le quotidien du citoyen.
Notre démocratie a besoin de clarté, pas de complications
Pour que la démocratie parle au peuple, elle doit être lisible. Aujourd’hui encore, nombreux sont ceux qui peinent à comprendre le rôle de l’Assemblée nationale. Ajouter une seconde chambre ne fera que brouiller davantage les repères.
Un coût qui pourrait servir ailleurs
On parle de construire des hôpitaux, d’améliorer l’école, de soutenir nos agriculteurs. Or, créer et faire fonctionner deux chambres parlementaires, c’est multiplier les salaires, les sièges, les voyages. La Guinée ne peut pas se le permettre si cela ne profite pas directement à son développement.
Moins de structures, plus d’engagement
Ce n’est pas le nombre d’institutions qui garantit la bonne gouvernance, mais la qualité de celles qui existent. Une seule chambre, mais composée de députés compétents, proches du peuple, et contrôlés par lui, pourrait mieux servir la République.
Il est temps de construire des institutions à notre image, et non à l’image d’autres pays. Parce que la vraie modernité, c’est de bâtir un système qui fonctionne — pour nous.
Boubacar Dieng