La Guinée parmi les économies à la croissance la plus rapide au monde

Portée par l’essor du secteur minier et les perspectives offertes par le projet Simandou, l’économie guinéenne affiche des perspectives de croissance particulièrement favorables. Pour la Banque mondiale, le véritable défi est de faire en sorte que la croissance économique se traduise par davantage d’emplois, un meilleur développement des entreprises locales et une amélioration des conditions de vie des guinéens.

C’est le principal enseignement de la troisième édition du Rapport de suivi de la situation économique de la Guinée, intitulée : « Au-delà de l’exploitation minière : transformer la richesse des ressources naturelles en croissance du secteur privé et en emplois ».

Selon le rapport, l’économie guinéenne a progressé de 7,3 % en 2025, grâce notamment à l’expansion du secteur minier, portée par la hausse de la production de bauxite. La reprise des services et la croissance de l’agriculture ont également contribué à cette performance.

La même source note que l’inflation a reculé à 3,2 %, favorisant une amélioration du pouvoir d’achat des ménages et une baisse estimée du taux national de pauvreté.

Les perspectives économiques devraient se renforcer avec le démarrage des exportations de minerai de fer de Simandou. La Banque mondiale prévoit une croissance de 8,8 % en 2026, de 11,6 % en 2027 et de 10,7 % en 2028, plaçant ainsi la Guinée parmi les économies à la croissance la plus rapide au monde.

Pour Marilyne Youbi, économiste du Groupe de la Banque mondiale et auteure principale du rapport, les investissements miniers et la mise en production progressive de Simandou offrent au pays une occasion majeure d’accélérer son développement.

‘’Portée par les investissements miniers et la mise en production progressive de Simandou, la Guinée dispose d’une occasion historique d’accélérer sa transformation économique. Pour en maximiser les retombées, des réformes supplémentaires seront nécessaires afin de renforcer le secteur privé, stimuler l’emploi et diversifier l’économie’’, souligne-t-elle dans un communiqué de la Banque Mondiale.

Toutefois, l’accélération de la croissance ne garantit pas, à elle seule, une amélioration des conditions de vie pour l’ensemble des Guinéens.

Malgré le poids croissant du secteur minier dans l’économie, l’emploi salarié formel reste limité et une grande partie de la population exerce des activités peu productives. Dans ces conditions, la hausse de la production minière ne se traduit pas nécessairement par une amélioration généralisée du niveau de vie.

Pour élargir les retombées de la croissance, le rapport préconise de renforcer le secteur privé non minier, de faciliter l’accès des petites et moyennes entreprises au financement et de développer les compétences de la main-d’œuvre.

Il souligne également de créer des liens plus étroits entre les activités minières et le reste de l’économie, notamment grâce à une politique efficace de contenu local. L’objectif est de permettre aux entreprises guinéennes de participer davantage à la dynamique économique créée par les investissements miniers.

La situation budgétaire constitue un autre point de vigilance. Malgré les progrès réalisés dans la mobilisation des recettes, les dépenses publiques ont fortement augmenté, notamment sous l’effet des investissements et des dépenses électorales.

En 2025, les recettes totales ont représenté 18,2 % du PIB, leur niveau le plus élevé depuis plus de vingt ans. Après rebasage du PIB, elles correspondent toutefois à 12,4 % du PIB. Au même moment, le déficit budgétaire s’est établi à 8,9 % du PIB, soit 6,4 % après rebasage.

La Banque mondiale souligne aussi l’importance de l’agriculture pour développer d’autres activités économiques et créer davantage d’emplois en Guinée.

Le secteur représente environ 32 % du PIB et fournit plus de 60 % des emplois en Guinée. Son développement pourrait contribuer à réduire la pauvreté, à multiplier les possibilités d’emploi et à renforcer les bases de l’économie nationale.

Pour y parvenir, le rapport recommande d’investir dans les infrastructures, d’améliorer la logistique après les récoltes et de développer les chaînes de valeur agricoles et agroalimentaires. Il préconise également de tirer parti du corridor de Simandou pour faciliter l’accès des producteurs aux marchés nationaux et internationaux.

Le document évoque par ailleurs un taux de croissance moyen de 9,0 % sur la période 2006-2028, avec le démarrage des exportations de minerai de fer de Simandou, et place la Guinée parmi les économies à la croissance la plus rapide au monde.

Pour Issa Mare Diaw, représentant résident du Groupe de la Banque mondiale en Guinée, la réussite du mégaprojet ne se mesurera pas uniquement à l’ampleur des investissements engagés.

‘’Au-delà de l’ampleur des investissements du mégaprojet Simandou, la réussite de la Guinée se mesurera par la capacité du pays à mettre à profit cette opportunité pour renforcer ses institutions, développer ses infrastructures et investir dans son capital humain’’, affirme-t-il.

La Banque mondiale recommande donc d’accélérer les réformes pour soutenir les entreprises privées, mieux gérer les finances publiques, développer l’agriculture et renforcer la formation professionnelle afin de favoriser la création d’emplois.

Ciré BALDE, pour VisionGuinee.info

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