La Guinée se dote d’un manuel du Mécanisme national de gestion des réclamations (MNGR)

L’Agence nationale de financement des collectivités (ANAFIC), avec l’appui de la Banque mondiale, a organisé, les 24 et 25 février à Conakry, un atelier national pour la validation du manuel du Mécanisme national de gestion des réclamations (MNGR) et de son manuel de procédures. Cette étape marque un tournant décisif vers plus de transparence et de redevabilité dans la gestion des projets de développement en Guinée.

Désormais, les citoyens guinéens n’auront plus à naviguer entre une multitude de comités de plainte, selon le projet financé dans leur localité. Pendant deux jours, coordonnateurs de projets, spécialistes en sauvegardes et experts fiduciaires se sont penchés sur la validation de deux instruments majeurs : le Manuel actualisé du MNGR et le Manuel de procédures encadrant la collaboration entre l’ANAFIC et les projets financés par la Banque mondiale en Guinée.

Jusque-là, chaque projet financé par la Banque mondiale en Guinée disposait de son propre système. Une situation qui, selon Mamady Kobelé Keita, spécialiste en sauvegarde environnementale à la Banque mondiale, entraînait une multiplication des comités, des chevauchements de responsabilités et une mobilisation importante de ressources.

‘’Les deux instruments soumis à votre validation traduisent cette ambition : un Manuel du MNGR mis à jour, clarifiant les rôles, les procédures, les délais et les standards de traitement des réclamations ; un Manuel de procédures définissant de manière précise les modalités de collaboration, le partage des informations et des coûts entre les projets partenaires et l’ANAFIC. Cet atelier n’est pas une simple formalité technique. Il constitue une étape décisive vers une rationalisation des efforts, une meilleure efficacité institutionnelle et une utilisation optimale des ressources publiques et des financements de développement’’, a indiqué ce cadre de la Banque mondiale.

Le nouveau dispositif ne se contente pas de traiter les réclamations ordinaires. Il intègre des standards stricts pour les plaintes sensibles, notamment celles liées à l’exploitation, aux abus et au harcèlement sexuel (EAS/HS).

Pour Gisèle Belem, spécialiste principale en développement social à la Banque mondiale, ce travail collaboratif avec 12 projets partenaires définit précisément les modalités de collaboration et de partage des coûts.

‘’Le document contient des dispositions qui clarifient le fonctionnement du mécanisme national de gestion des réclamations, qui est essentiellement au niveau des communes urbaines et rurales de la Guinée, des 375 communes, mais également les modalités de collaboration entre l’ANAFIC, qui va gérer le mécanisme, et 12 projets financés par la Banque mondiale en Guinée’’, a-t-elle souligné.

Une vision partagée par Fatou Kiridi Bangoura, spécialiste en sauvegarde sociale de l’ANAFIC, qui se réjouit de cette simplification.

‘’Jusqu’alors, tous les projets de la Banque mondiale mettaient en place des mécanismes auprès des populations, ce qui pouvait porter à confusion au niveau local. À partir d’aujourd’hui, nous pouvons considérer que ce mécanisme, étant validé, nous allons pouvoir mettre en œuvre des politiques opérationnelles qui seront beaucoup plus intéressantes pour les populations, car elles vont avoir un seul interlocuteur, une seule procédure et des mécanismes de retour qui seront beaucoup plus performants’’, a-t-elle précisé.

Pour le directeur général adjoint de l’ANAFIC, cette validation est une consécration. Dr Laye Camara ne cache pas sa fierté. ‘’C’est une avancée majeure pour la Guinée. C’est la première fois que nous disposons d’un mécanisme national unique. L’ANAFIC devient l’ancrage institutionnel de ce processus, ce qui nous honore et confirme notre présence dans toutes les collectivités du pays’’, a-t-il indiqué.

L’opérationnalisation sur le terrain est prévue dans un délai de deux mois. Cette phase de transition permettra d’identifier les comités existants et de stabiliser les centres d’intérêt de chaque projet.

‘’Ce document, une fois validé, entre directement dans la sphère opérationnelle. Nous sommes en train de régler quelques aspects, c’est pourquoi nous avons demandé l’envoi de fiches signalétiques à toutes les collectivités, à tous les projets, pour qu’ils essaient d’identifier les différents comités qu’ils ont mis en place, mais aussi de nous dire quels sont leurs centres d’intérêt par rapport aux réclamations et à la remontée’’, a-t-il précisé.

L’ANAFIC et ses partenaires voient déjà plus loin. La prochaine étape cruciale sera la digitalisation renforcée du mécanisme. L’objectif est de garantir une traçabilité totale, une analyse fine des données en temps réel et une production de rapports consolidés pour une gestion publique toujours plus moderne et efficace.

Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info
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