La médecine traditionnelle chinoise, un héritage au service de la santé et du bien-être

Entre la médecine traditionnelle chinoise ou la médecine occidentale, laquelle choisirez-vous en cas de pépin de santé ? Savez-vous que la médecine traditionnelle chinoise soigne la cause profonde d’une pathologie alors que la médecine occidentale soigne les symptômes plus rapidement ?

Wu Xi Hong, spécialiste en massage et acupuncture, et son collègue Sun Yuan, thérapeute senior à l’Académie de médecine chinoise, ont fait découvrir les vertus de la médecine traditionnelle chinoise, un héritage dans le domaine de la santé et du bien-être.

Dans une vidéo projetée pour la circonstance, il est indiqué que la Médecine traditionnelle chinoise (MTC) s’occupe de l’étude de la physiologie, de la pathologie, de la prévention et du diagnostic des maladies.

Elle a fait de nombreux progrès sous la dynastie Song et ses théories sont devenues de plus en plus systématiques et normalisées. C’est sous les dynasties Ming et Qing qu’elle a été reconnue comme une science.

Elle dispose quatre méthodes de diagnostic basées sur l’observation, l’auscultation, l’enquête et la prise du pouls.

Les médecins traditionnels chinois sont en mesure de connaître la nature, la localisation, la cause et le mécanisme d’une maladie et de ressentir les changements dans les organes, les canaux et les articulations.

Diverses techniques, notamment les herbes chinoises, l’acupuncture, les massages, les ventouses et la thérapie diététique, peuvent être utilisées afin de traiter les patients.

De l’Antiquité à nos jours

La médecine traditionnelle chinoise existe depuis des milliers d’années et continue de faire ses preuves à travers des effets curatifs à l’échelle internationale. ‘’Il y a plus de 3 000 ans, les hommes ont commencé à consigner des méthodes de maintien de la santé et de traitement des maladies’’, souligne le documentaire, ajoutant que ‘’nos ancêtres chinois ont utilisé l’observation, l’écoute, le questionnement et la prise de pouls pour diagnostiquer les maladies. Ils ont eu recours à des traitements spéciaux dont la phytothérapie et l’acupuncture pour soigner des patients’’.

De nombreux ouvrages classiques tels que le Shenong Benkao Jing et le Huangdi Nejing évoquent les vertus de la médecine traditionnelle chinoise. Le Shenong Benkao Jing raconte l’histoire d’un ancien empereur qui goûta des herbes médicinales, mais consomma par inadvertance de l’herbe du chagrin. Il est considéré comme le dieu de la médecine chinoise. L’ouvrage répertorie 365 plantes, dont beaucoup sont encore utilisées de nos jours dans les traitements médicaux.

Sous la dynastie Ming, le médecin Shizhen a publié le Compendium of Materia Medica, détaillant l’importance et les effets de nombreuses plantes ayant des propriétés médicinales. Il y propose des méthodes de classification et de traitement des maladies, aidant ainsi les médecins à mieux soigner leurs patients.

Dans les années 1970, le monde scientifique a commencé à reconnaitre les bienfaits de la médecine traditionnelle chinoise. Lors des Jeux olympiques de Pékin en 2008, des cliniques proposant des traitements à base de plantes ont attiré des athlètes du monde entier. De plus en plus de personnes ont commencé à s’intéresser à la pratique de la médecine traditionnelle chinoise et à en tirer des enseignements.

Le prix Nobel 2015 de la médecine a été décerné à Youyou Tu, chercheuse pharmacienne affiliée à l’Académie chinoise de la médecine traditionnelle (China Academy of Traditional Chinese Medicine).  Elle a été recomposée pour ses ‘’découvertes concernant une nouvelle thérapie contre le paludisme’’.

En 2020, lors de la pandémie de COVID -19, ce patrimoine riche et varié a joué un rôle important dans le diagnostic et le traitement, aidant les patients à traverser des périodes difficiles sans aucun effet indésirable.

Fonctionnement de la médecine chinoise

La théorie des propriétés de la médecine chinoise comprend quatre attributs, cinq saveurs, les méridiens attributifs, les propriétés d’élévation, d’abaissement, de flottaison et d’enfoncement ainsi que la toxicité.

Les quatre attributs de la médecine chinoise sont le froid, le chaud, la chaleur et la fraîcheur. D’une manière générale, les médicaments chinois aux attributs froids sont bons pour évacuer la chaleur, purger le feu, refroidir le sang et éliminer les substances toxiques.

Les médicaments aux attributs chauds ou tièdes ont pour effet de réchauffer l’intérieur, de disperser le froid, de réchauffer les méridiens, d’activer les clartés, de compléter le feu. Ils peuvent atténuer ou soulager les syndromes de froid.

Les cinq saveurs des médicaments chinois sont l’âcre, le doux, l’acide, l’amer et le salé. Elles sont déterminées par les goûts et les effets réels des médicaments. En général, les médicaments âcres ont pour fonction de disperser et de favoriser la circulation du chi et du sang.

Les médicaments sucrés sont tonifiants, régulent le gel moyen et soulagent les spasmes. Les médicaments aigres ont pour effet d’élever et d’arrêter l’écoulement. Les médicaments à base de scarabées sont utilisés pour purger, assécher et fortifier.

Les médicaments salés peuvent adoucir une masse et disperser une stagnation. Ce sont des laxatifs qui favorisent la défécation.

Les médicaments abaissants et coulants agissent vers le bas et l’intérieur et ont pour effet de supprimer l’hyperactivité, soulager l’asthme, de renforcer, de favoriser l’excrétion et d’éliminer l’humidité.

Médecine traditionnelle chinoise et médecine occidentale, deux domaines complémentaires

La médecine traditionnelle chinoise et la médecine occidentale sont deux ensembles de théories pour le même phénomène médical humain. Dans la pratique, la médecine traditionnelle chinoise se distingue par son concept d’holisme et son mode de traitement basé sur la différenciation des syndromes.

La médecine occidentale, quant à elle, recherche la cause de la maladie et utilise ensuite les médicaments appropriés en fonction des systèmes physiologiques du corps humain.

Si les théories traditionnelles qui sous-tendent ces deux systèmes médicaux sont différentes, les deux domaines peuvent guérir la même maladie malgré le fait que la logique et la pensée qui guident le diagnostic clinique et le traitement du médecin sont radicalement différentes.

Pour traiter un patient, le médecin occidental focalise son attention sur les causes de la maladie. Car, ils les considèrent comme des cibles. Il les isole, modifie, contrôle ou détruit en partant d’un symptôme clinique puis, par le biais d’un check-up minutieux et d’examens de laboratoire pour rechercher la cause précise d’une maladie spécifique. Un diagnostic précis donne lieu à une prescription pour soigner la maladie.

Quant au médecin traditionnel chinois, il se préoccupe plus sur l’état général du patient. Dans son domaine, l’observation joue un rôle essentiel dans le diagnostic. La couleur des yeux, la peau, l’ouïe, le pouls, l’âge, le poids, la voix, la posture, tout est observé pour recueillir des informations pertinentes, des symptômes ainsi que d’autres facteurs liés au patient, tels que son cadre de vie, la météo, ses habitudes, ses humeurs, etc. Ce qui permet au médecin d’établir un schéma de dysharmonie. Il prescrit par la suite une ordonnance pour réguler le déséquilibre dans le processus de différenciation et de traitement des syndromes.

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