Conakry, le 8 août 2025 – C’est une grande figure de la culture guinéenne que la Nation a accompagnée ce vendredi dans son dernier voyage. Madame Aïssata Deen Magassouba, affectueusement appelée Tantie Magas, a tiré sa révérence le mercredi 6 août 2025 à l’hôpital de l’Amitié Sino-guinéenne.
En réponse à cette perte immense, le Ministère de la Culture et de l’Artisanat a organisé un symposium d’hommage au musée national de Sandervalia, dans une ambiance empreinte d’émotion et de recueillement.
La grande salle du musée de Sandervalia était pleine à craquer. De hautes personnalités, amis, artistes, collègues, anciens ministres et citoyens anonymes s’y sont réunis pour dire adieu à celle qui fut la voix, le visage et l’âme du théâtre guinéen.
Parmi les personnalités présentes figuraient notamment le Ministre de la Culture et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, le Ministre de la Justice, Yaya Kairaba Kaba, plusieurs anciens ministres de la Culture, des membres du Conseil National de la Transition, ainsi que de nombreux cadres de l’administration publique et du monde des arts.
Une artiste totale, une humaniste engagée
Son engagement au sein des ensembles artistiques nationaux fut constant, et sa passion pour la transmission ne s’est jamais essoufflée. « Elle n’était pas seulement une artiste. Elle était une institution vivante », a affirmé le ministre avec émotion.
Il a aussi tenu à saluer la mémoire de Clément Doregbé, saxophoniste de légende du Bembeya Jazz National, décédé le même jour que Tantie Magas. Deux icônes parties ensemble, laissant derrière elles un vide immense, mais aussi un héritage culturel impérissable.
Le témoignage d’un frère de combat
Une mère, une sœur, un pilier
La Direction de l’Office National de Promotion de l’Artisanat a, elle aussi, honoré la mémoire de Tantie Magas avec un message fort : « Elle a tout donné à la culture, sans jamais rien attendre en retour ». Pour ses collègues, elle était plus qu’une artiste : une mère, une sœur, une confidente, celle vers qui tous les comédiens se tournaient dans les moments de difficulté.
Pour le Ministre Moussa Moïse Sylla, cette disparition est certes une douleur nationale, mais elle est aussi un appel à la continuité. « Nul ne quitte ce monde vivant. Ce que l’on laisse derrière soi, c’est la trace de ce qu’on a bâti », a-t-il rappelé.
Il a souligné que malgré les efforts de l’État en faveur des artistes, comme la carte d’assurance médicale, seule l’œuvre survit à l’homme. Et Tantie Magas, à travers la danse, le théâtre et l’éducation, a bâti une œuvre durable qui continuera de nourrir l’âme du peuple guinéen pour les générations à venir.