Lancement officiel de l’agence SINANI : un incubateur audiovisuel pour vendre l’image de la Guinée

Du nouveau à Conakry. L’agence SINANI, un incubateur audiovisuel couplé à une agence de publicité spécialisée dans la production audiovisuelle, a officiellement lancé ses activités ce vendredi 7 février 2026 à Nongo, en banlieue de la capitale. La cérémonie a été marquée par les interventions de Mohamed Rahim Sidibé, directeur général de l’agence SINANI, et de Souleymane Thiâ’nguel Bah, secrétaire général du ministère de la communication.

Prenant la parole devant les médias, le directeur général de SINANI a expliqué la vision et l’ambition de cette nouvelle structure, née d’un constat qu’il juge sans équivoque.

“Aujourd’hui, chez nous, en général, nous manquons de contenu guinéen. Vous ne pouvez pas regarder la télévision guinéenne et être fier du contenu qu’il y a. C’est un fait, c’est réel. Ce que nous voulons, à l’agence SINANI, c’est contribuer à changer cette réalité”, a-t-il déclaré.

Selon Mohamed Rahim Sidibé, SINANI se veut avant tout un incubateur audiovisuel, adossé à une agence de publicité, avec pour mission principale la formation pratique des jeunes talents guinéens, issus notamment de l’Institut supérieur de l’information et de communication (ISIC) de Kountia et l’Institut supérieur  des beaux-arts de Dubréka.

“L’idée est de recruter, tous les deux ans, les meilleurs étudiants en scénario, réalisation, cadrage et montage, et de les amener ici, au sein de l’incubateur, afin de leur donner une direction artistique claire pour vendre l’image de la Guinée”, a-t-il expliqué.

Dans cette dynamique, les premières productions de l’agence seront orientées vers des documentaires de valorisation culturelle et historique, à commencer par un projet sur les Ballets africains.

“En Guinée, quand on demande à quelqu’un qui est son idole, il est rarement tenté de citer un Guinéen. Non pas par complexe, mais parce qu’il ne le connaît pas. Nous n’avons pas réussi à vendre l’image de ceux qui ont fait les beaux jours de notre pays. À travers des documentaires, des reportages de grand format et des podcasts, nous voulons raconter l’histoire de la Guinée par les Guinéens eux-mêmes”, a-t-il insisté.

L’agence SINANI dispose d’infrastructures modernes comprenant un studio photo et vidéo multifonctionnel, des espaces administratifs et opérationnels, un laboratoire de post-production, une salle de podcast, un studio d’enregistrement audio dédié notamment au doublage, ainsi qu’un espace de détente favorisant la créativité.

“Le labo, c’est le laboratoire de créativité. De l’écriture du scénario jusqu’à la sortie du produit final, tout se passe ici”, a précisé le directeur général.

L’agence entend assurer l’autosuffisance de l’incubateur à travers la production de contenus pour les institutions et les entreprises, tout en préparant le lancement de la plateforme Sinani.gn, présentée comme une vitrine numérique à l’image de Netflix, regroupant documentaires, podcasts, émissions télévisées, sketchs et téléfilms guinéens.

Le directeur général de SINANI a expliqué que l’agence fonctionne déjà avec des collaborateurs externes, impliqués dans les productions en tant que coproducteurs, afin de mutualiser les compétences et renforcer la qualité des contenus.

“Quand on regarde un film, on voit souvent plusieurs grandes boîtes présentées ensemble, et cela n’enlève rien à la valeur de chacune. C’est ensemble que nous pouvons avancer et bâtir un écosystème audiovisuel fort”, a-t-il souligné.

Rahim Sidibé appelle au soutien et à la collaboration. “Nous voulons travailler avec les vidéastes, photographes, scénaristes et créateurs de contenu guinéens pour former les jeunes et raconter ensemble l’histoire de la Guinée”, a-t-il lancé, précisant que “nous avons l’initiative, l’espace, le matériel et les compétences. Mais nous avons aussi besoin de l’appui des ministères de tutelle et du gouvernement pour donner du poids à nos actions et soutenir cette vision au niveau national”, a-t-il conclu.

Présent à la cérémonie, Souleymane Thiâ’nguel Bah, secrétaire général du ministère de la communication, s’est dit heureux d’accompagner un “jeune qui s’est distingué ces dernières années dans le domaine de la communication et de la création artistique. Un incubateur comme celui-ci est essentiel, surtout quand on sait que beaucoup de jeunes sortent des universités avec très peu de pratique”.

Pour lui, SINANI arrive à point nommé dans un secteur en pleine mutation. “La communication audiovisuelle évolue à une vitesse vertigineuse. Il est important que les jeunes apprennent à tirer profit du numérique et du digital. Cet espace peut devenir un vivier de compétences, y compris pour les médias publics comme la RTG, qui ont aujourd’hui besoin d’un renouvellement technique et éditorial”, a-t-il souligné, avant d’assurer de l’intérêt des autorités pour ce type d’initiatives.

Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info

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