Un navire-hôpital chinois s’apprête à jeter l’ancre en eaux guinéennes pour une escale médicale au Port autonome de Conakry du 3 au 10 octobre 2026. Dans le cadre de la consolidation des relations diplomatiques et sanitaires entre la République de Guinée et la République populaire de Chine, le ministère de la défense nationale a officialisé l’organisation d’une vaste campagne de soins gratuits.
Afin de fluidifier l’accès aux soins de cette véritable structure hospitalière flottante, capable de prendre en charge jusqu’à 600 patients par jour, les autorités militaires guinéennes ont mis en place un dispositif préalable d’orientation.
Depuis le 5 septembre, le stade de la Mission de Kaloum accueille de nombreux patients dans le cadre de cette opération de filtrage et d’évaluation médicale, mobilisant quotidiennement les équipes sanitaires locales de 8h à 16h. L’opération se déroule jusqu’au 13 septembre.
Au micro de la Direction des relations publiques des armées (DIRPA), les responsables de l’organisation ont tenu à cadrer les objectifs de ce filtrage en amont.
“On a jugé nécessaire d’abord de les amener ici, les sélectionner, ceux qui sont vraiment malades, on les envoie là-bas à partir du 3 jusqu’au 10 pour leur traitement”, précise-t-il.
Sur le plan technique, la coordination entre les corps médicaux guinéen et chinois a permis de définir une grille claire des actes praticables.
Outre les consultations spécialisées en cardiologie, pneumologie, néphrologie, neurologie et endocrinologie, des interventions chirurgicales ciblées sont programmées à bord.
“Nous avons d’abord eu un entretien avec nos collègues chinois qui nous ont donné les critères des pathologies qui peuvent être prises en charge au niveau du navire. Donc, pour les pathologies chirurgicales, ils nous ont dit qu’ils ont deux interventions phares : pour ce qui est de l’ophtalmologie, ils ont les cataractes, tous ceux qui ont les cataractes vont bénéficier d’une intervention qu’on appelle le laser, et également, il y a l’accouchement à bord du navire. Et en plus maintenant de ces pathologies phares ophtalmologiques et gynécologiques, il y aura des pathologies chirurgicales, des pathologies traumatologiques, de l’urologie et d’autres pathologies de la gynécologie”, a-t-il souligné.
Au stade de la Mission, l’anxiété cède peu à peu la place à l’espoir chez les patients interrogés par la DIRPA. Souffrant de douleurs articulaires invalidantes, Daouda Camara ne cache pas le soulagement que représente une telle initiative.
“Je souffre d’arthrose. Les personnes qui peuvent traiter cette maladie me demandent 60 millions GNF. Si le gouvernement nous vient en aide, c’est une bonne chose, c’est pourquoi je suis là”, a-t-il déclaré.
Mariane Clemantine Haba est également venue chercher un avis médical dans l’espoir de bénéficier de soins. “Ce qu’il fait, c’est bien pour la population, pourvu qu’on fasse correctement le travail afin que tous ceux qui sont là soient pris. Nous remercions vivement le président Doumbouya pour tout ce qu’il fait pour la population. C’est bien pour nous”, indique la patiente.
L’écho de cette campagne a dépassé les frontières de la capitale, incitant certains malades à effectuer plusieurs centaines de kilomètres dans l’espoir de trouver une solution thérapeutique. C’est le parcours qu’a dû entreprendre Emmanuel Dieudonné Lamah, venu de l’intérieur du pays.
“Je viens de Kamsar, je suis victime d’un accident et ma colonne vertébrale a été touchée. Après consultation, ils m’ont parlé de la neurologie, on a fait l’IRM, mais par manque de moyens, on n’a pas pu continuer l’opération. C’est pourquoi, nous sommes là pour demander de l’aide”, fait savoir Dieudonné.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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