À l’ère du numérique et des grandes mutations institutionnelles, la Guinée franchit une étape historique. Ce mercredi 21 octobre 2026, Conakry a abrité l’atelier de validation de la signature électronique et de son cadre réglementaire, sous la houlette du ministère de la modernisation de l’administration et de la fonction publique et de l’Agence nationale de digitalisation de l’État (ANDE).
Rassemblant plusieurs membres du gouvernement, les partenaires techniques et les leaders du secteur privé, cette rencontre stratégique, alignée sur le programme Simandou 2040, consacre le passage définitif vers une administration zéro papier, souveraine, performante et axée sur la confiance numérique.
En effet, l’administration publique guinéenne accélère sa transformation digitale et s’apprête à tourner définitivement la page des lourdeurs bureaucratiques traditionnelles.
Longtemps freinée par l’absence d’outils numériques sécurisés et par des pratiques informelles à haut risque, à l’image du copier-coller de signatures scannées, la gouvernance publique se dote désormais d’un cadre légal et technologique d’une rigueur absolue.
L’enjeu dépasse le simple cadre d’une réforme superficielle. Il s’agit de fonder une véritable souveraineté numérique, d’accélérer le traitement des actes administratifs et d’offrir un environnement juridique hypersécurisé tant pour les citoyens que pour les investisseurs internationaux.
Poursuivant son propos, il a souligné l’ancrage stratégique de la démarche en rappelant qu’à travers le programme Simandou 2040, ‘’le chef de l’État a fixé un cap clair : faire de notre pays une économie transformée, attractive et tournée vers l’avenir’’.
Il a ensuite mis en évidence les exigences d’un tel objectif en déclarant ‘’qu’une telle ambition appelle une administration moderne, efficace et digne de confiance, capable d’accompagner les investisseurs, les entreprises et les citoyens’’.
Sur l’objet même de la rencontre, le DGA a affirmé que ‘’la confiance numérique que nous abordons aujourd’hui en est l’un des socles’’.
Il s’est félicité de la synergie institutionnelle en remerciant le ministre de la modernisation de l’administration et de la fonction publique, Faya François Bourouno sous ‘’l’autorité duquel cette rencontre est organisée, ainsi que les plus hautes autorités ici représentées pour leur présence et leur soutien constant à la transformation numérique de l’État’’.
Il a enchaîné en soulignant l’étape cruciale franchie avec ‘’la signature, le 19 août 2026, du décret fixant les modalités d’application de l’article 1003 du Code civil’’, avant d’insister sur la portée globale de la réforme en affirmant que ‘’la signature électronique n’est pas une simple innovation technologique. Elle constitue bien au contraire une véritable transformation des méthodes de travail de l’État’’.
Il a réaffirmé le soutien indéfectible de son département en assurant que ‘’tous les cadres du ministère et de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) seront à votre disposition pour faire en sorte que la décision de M. le président de la République de mettre en place cette PKI et cette signature électronique se concrétise le plus rapidement possible’’.
Le ministre Tounkara a décliné les retombées directes pour le système judiciaire, visant à ‘’permettre aux magistrats et aux greffiers de signer de manière sécurisée les jugements et les actes de greffe’’, tout en précisant que ‘’mon département a aligné son cadre de dépense à moyen terme 2027-2030 sur les piliers de Simandou 2040’’.
Mettant en garde contre les vulnérabilités du passé, il a illustré les dérives des pratiques non conformes en rappelant que ‘’le plus souvent, on joue avec ces sujets sans mesurer tous les enjeux qui les caractérisent. Aujourd’hui, si on ne va pas vite là-dessus, c’est que nous subissons la réglementation des autres’’.
Évoquant les risques liés aux faux tampons et aux captures d’écran de signatures copiées-collées sur papier, le ministre a indiqué que ‘’l’heure n’est plus à cette hésitation, l’heure maintenant est à l’action, à l’opérationnalisation de solutions’’.
Il a exhorté les participants à un examen critique des ‘’neuf projets de textes qui sont neuf règles importantes pour encadrer ce chantier’’, tout en insistant sur la valorisation des talents locaux, car ‘’cette confiance sera guinéenne et veillera à prendre en compte le contenu local pour que les PME locales puissent contribuer au développement de cet écosystème’’.
Présent à l’événement au nom du Premier ministre Amadou Oury Bah, le ministre directeur de cabinet de la Primature, Daouda Kamissoko, a replacé cette journée dans son contexte stratégique national en rappelant que ‘’la transformation numérique s’impose comme un levier majeur de développement économique, de modernisation de l’État et d’amélioration de la gouvernance publique’’.
Il a martelé que ‘’la signature électronique doit constituer bien plus qu’un simple outil technologique. Elle doit représenter un instrument stratégique de dématérialisation des procédures administratives, de sécurisation des échanges, de réduction des délais de traitement et de renforcement de la confiance’’
Pour garantir l’aboutissement du processus, Daouda Kamissoko a invité les experts à porter une attention spécifique sur la reconnaissance juridique, la sécurité, la gouvernance institutionnelle et l’interopérabilité, précisant que ‘’la réussite de cette initiative dépendra essentiellement de notre capacité collective à traduire ces textes en pratiques effectives, accessibles et sécurisées’’.
C’est sur ces mots qu’il a réaffirmé ‘’l’importance d’une approche coordonnée et responsable’’ avant de déclarer officiellement ouverts les travaux de cet atelier.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.info
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