Le CNRD et les malédictions du passé !

Si tous les acteurs de la société avaient été véritablement impliqués dans la rédaction de cette prétendue ‘’nouvelle’’ constitution, le CNRD n’aurait pas eu besoin de recourir à cette avalanche de propagande grossière.

L’implication de tous les acteurs de la société guinéenne aurait conféré une légitimité incontestable au processus et aurait épargné à la Guinée un gaspillage éhonté de ses maigres ressources financières. Mais il semble que, pour ce régime, chaque occasion est bonne pour saigner encore un peu plus nos finances, dans une indifférence honteuse face aux souffrances du peuple.

Le spectacle auquel nous assistons aujourd’hui à travers le pays est une preuve éclatante que le problème de la Guinée ne réside pas dans ses textes de loi, mais bien dans la qualité des hommes qui la dirigent.

Il est encore plus évident que nous n’avons pas un problème de lois ou de constitution. Nous avons plutôt un problème d’intégrité, de vision, et surtout du manque d’hommes d’État dignes de ce nom. Le CNRD a montré qu’il n’est pas en mesure de respecter la Charte qu’il s’est taillée sur mesure. Aujourd’hui, les responsables de la junte font planer partout une candidature potentielle de Mamady Doumbouya pour confisquer le pouvoir en violation flagrante de l’article 46 qui stipule : «Le Président et les membres du Comité National du Rassemblement pour le Développement ne peuvent faire acte de candidature ni aux élections nationales ni aux élections locales qui seront organisées pour marquer la fin de la Transition. La présente disposition n’est susceptible d’aucune révision.»

Quelle honte ! Que vaut un homme dont la parole et le serment ne valent rien même à ses propres yeux ?

Depuis la fin du premier régime, la Guinée attend désespérément une figure à la hauteur de ses aspirations, un leader honnête capable de porter les rêves d’une nation sur ses épaules. Malheureusement, une fois encore, nous n’avons récolté qu’un groupe d’affamés de pouvoir, dont la seule ambition est de s’éterniser à la tête de l’État, au mépris total des idéaux de justice, de progrès et d’unité nationale qu’ils nous avaient promis.

Le président du CNRD, qui avait juré devant le peuple de rompre avec les pratiques rétrogrades du passé, s’illustre aujourd’hui comme le parfait continuateur de ces mêmes pratiques malsaines. Celui qui se présentait comme un homme de rupture est devenu le symbole même de la continuité des malédictions du passé.

Il s’était engagé à ne pas personnaliser le pouvoir, mais son effigie envahit aujourd’hui les rues, les bâtiments publics et les médias d’État, comme pour nous rappeler chaque jour qu’il règne en maître absolu.

Il avait dénoncé la politisation de l’administration et avait même interdit dans un décret du 11 septembre 2021, toute manifestation de soutien à son égard. Malheureusement, le gouvernement ainsi que le CNRD se sont transformés en instruments de propagande au service de son ambition personnelle et de leurs intérêts égoïstes.

Il avait juré de garantir une justice équitable, mais il se sert de la Justice aujourd’hui comme un épouvantail, ou pire comme une arme pour écarter ou réduire au silence ceux qu’il perçoit comme des obstacles à son pouvoir.

Et que dire de ses promesses de respecter la vie humaine ? Il avait solennellement assuré qu’aucun Guinéen ne mourrait à cause de ses opinions ou de la politique. Pourtant, combien de nos compatriotes ont déjà payé le prix ultime sous ce régime ? Combien ont été emprisonnés arbitrairement ou portés disparus pour avoir osé exprimer des critiques ?

On se rend malheureusement compte que ses engagements, qui avaient suscité l’espoir d’un renouveau, n’étaient que des mots vides, des promesses creuses qui masquaient mal la soif insatiable de pouvoir qui animaient ces bourreaux d’Alpha Condé.

Cependant, la responsabilité de cette tragédie ne repose pas uniquement sur le CNRD et son chef. Une grande partie de notre élite porte également une lourde part de culpabilité. Au lieu de défendre l’idéal qui devrait être, et exiger des comptes au CNRD face à ses promesses, une grande partie de l’élite a choisi de démissionner, d’abdiquer sa responsabilité historique ou, pire, de se mettre docilement au service de ce régime. Par son silence ou parfois même son soutien actif, elle cautionne les dérives actuelles et trahit l’espoir d’une Guinée juste, équitable et démocratique.

C’est même hallucinant de constater que l’élite du temps du CNDD était encore plus déterminée à rompre avec le passé et à dénoncer cet autre régime de mégalomanes que celle d’aujourd’hui face au CNRD. Pourtant, le CNRD n’offre rien de mieux que le CNDD. Ce sont seulement les méthodes qui les différencient. Sinon, en quoi Mamadi Doumbouya serait-il meilleur que Moussa Dadis Camara ?

C’est décevant et étouffant

La Guinée mérite infiniment mieux que des dirigeants égoïstes, mythomanes et une élite complice. Elle mérite des hommes et des femmes animés par un véritable amour du pays, prêts à sacrifier leurs intérêts personnels pour construire une nation où chaque citoyen pourra vivre dans la dignité. Mais tant que ces ambitions individuelles primeront sur le bien commun, notre pays restera prisonnier de ce cercle vicieux de trahisons et de désillusions.

Cependant, j’ose espérer. Je rêve encore d’un sursaut patriotique de la part de nos élites ainsi que des hommes et des femmes des différentes institutions et organisations sociales de ce pays pour exiger le respect des promesses du CNRD et défendre ce qui reste encore de la Nation.

Je crois que la Guinée dispose des ressources humaines et morales nécessaires pour briser ce cercle vicieux et construire une nation prospère et unie. Le chemin sera long et semé d’embûches, mais il n’est pas trop tard pour corriger le cap. Avec courage et détermination, nous pouvons encore bâtir une Guinée à la hauteur de nos aspirations.

Abdoulaye J. Barry
ajbarry@live.com
Conakry, République de Guinée

Comments (2)
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  • Traore Mamadou

    Mon cher, je vois que vous parlez seulement en alignant les mots à votre guise, mais vous ne connaissez pas la politique.
    Les paroles politiques ne sont que de jeux de mots, on peut dire et écrire quelque chose sur papier aujourd’hui, et modifier le contenu demain, la politique est une école flexible où on peut revenir sur cette décision qu’on précédemment prise. La charte de la transition ne sera pas une exception. Gl. Doumbouya aura le soutien du peuple de Guinee s’il exprime le souhait de continuer à diriger le pays.

  • DORÉ

    En vous écoutant,on comprend bien, que vous ne connaissez rien de l’histoire de notre pays, ou soit vous êtes aveuglé par le mépris que vous avez contre le cnrd, mais permettez-moi de vous dire, que nous jeunes de guinée avions lutter dans tous les domaines de la vie politique en guinée pour voir la classe politique guineene, se régénérer, mais la main mise des vieux sur tous les levier à rendue les choses impossible, donc mon chère l’arrivée de #Doumbouya est une aubène pour les jeunes de guinée puisque c’est grâce à son leadership que les jeunes font valoir leurs capacités à relever le défis qui est de sortir la guinée de cette situation catastrophique et les actes posées en disent longs c’est pourquoi c’est le peuple dans majorité écrasante qui réclame le jeune général et comme vous le disiez le problème n’est vraiment pas d’ordre de texte de lois ou de constitution mais plutôt d’homme intègre, alors sache que Doumbouya est l’homme qu’il faut a la place qu’il faut vive le pouvoir des jeuneeeeee!!!!!!!!!!!!!!!!