Se prêtant aux questions de journalistes de médias africains par visioconférence alors que la guerre israélo-américaine contre l’Iran s’intensifie dans les pays du Moyen-Orient, le porte-parole francophone de l’armée israélienne ne manque pas d’arguments pour justifier ce conflit.
Tout en assurant au micro de VisionGuinee.Info qu’Israël n’est pas en guerre contre le peuple iranien mais plutôt contre le régime des Mollahs, le colonel Olivier Rafowicz affirme que son pays cherche à se protéger. Extraits…
« Pourquoi nous avons attaqué l’Iran ? Parce que nous voulons vivre. Chacun a le droit de vivre comme la Guinée, comme la Côte d’Ivoire, comme le Gabon, comme tous les pays du monde ont le droit de vivre en sécurité. Chacun a le droit de penser ce qu’il veut. Mais chacun a le droit de vivre et surtout de ne pas être menacé de destruction physique et totale par un pays qui le fait au nom d’une idéologie qui n’a rien à voir avec l’intérêt du peuple iranien.
Le fait d’avoir agi aujourd’hui n’est pas le début d’une guerre. C’est une étape que nous avons franchie dans une dynamique générale depuis 47 ans. C’est l’Iran des Mollahs qui veut détruire l’État d’Israël ».
Guerre et financement…
« Par différents moyens, par le Hezbollah, le Hamas, par les outils au Yémen, il essaie de créer une sorte de cercle avec ses proxys, avec ses supplétifs qui reçoivent entre 1 et 2 milliards de dollars par an depuis des années des caisses des gardiens de la Révolution. De l’argent qui provient du pétrole et de la drogue et du trafic. Et d’ailleurs, lorsqu’il y a quelques jours, nous avons frappé 4 dépôts de pétrole à Téhéran.
Nous avons frappé en fait 4 dépôts de pétrole qui appartiennent directement aux gardiens de la Révolution, qui vendent ce pétrole en général à des pays, je ne vais pas dire le nom pour garder un certain style diplomatique, mais qui vendent ce pétrole à des prix moins chers que sur le marché, et l’argent va dans les caisses et dans les poches des gardiens de la Révolution et du régime pour faire la guerre, et pour se préparer à la guerre. Aujourd’hui nous sommes dans une situation où, au niveau des acquis militaires, ils sont extrêmement nombreux, mais le régime met toujours en place. Et nous continuons alors, nous parlons, là je vous parle maintenant, il y a des frappes importantes à Téhéran.
Nous touchons également les Bassidjis, les gardiens de la Révolution, qui sont directement impliqués dans les répressions du peuple iranien au mois de janvier ».
Tragédie…
« Shajareh Tayyebeh, l’école de filles qui a été touchée, c’est une tragédie. Une tragédie horrible. Mais à l’heure où nous parlons, il y a des enquêtes du côté de l’armée américaine (…). Et ce n’est en aucun cas le but de la guerre. C’est une tragédie dans la guerre. Mais il faut aussi dire que ces tragédies arrivent lorsque les pays menacent, veulent détruire un autre pays et sont surpris lorsqu’il y a une réaction militaire. On ne peut pas menacer, attaquer, vouloir tuer quelqu’un, être surpris d’être attaqué par quelqu’un qui veut se défendre. C’est une incohérence.
Et aujourd’hui, malheureusement, le peuple iranien, lorsqu’il y a des blessés ou des morts, malgré les ordres d’évacuation que nous donnons à l’avance, paye le prix d’une volonté politique du régime des Mollahs de menacer le monde, de menacer Israël, de menacer ses voisins, en pensant que rien ne se passera, que tout ira bien. Encore une fois, cette tragédie de l’école est sous investigation. Et je sais que nos alliés font une investigation sur ce sujet ».
Pourquoi empêcher l’arme nucléaire en Iran ?
« Pour la question nucléaire, est-ce que vous donneriez un revolver à quelqu’un qui est connu pour avoir un profil psychologique instable et qui dit qu’il veut tuer tout le monde ? Est-ce que vous pourriez nous donner un exemple ? L’Iran des Mollahs, c’est un régime voyou. Que ce pays puisse obtenir l’arme atomique, c’est en fait lui permettre de l’utiliser. N’est-ce pas ?
On ne peut pas comparer un pays voyou qui tue sa population par dizaines de milliers, qui utilise des supplétifs pour faire la guerre un peu partout, au Yémen, au Liban, en Irak, qui a des centaines de cellules dormantes pour déstabiliser le monde, à un État normal. Vous ne pouvez pas le comparer à l’État d’Israël, un État de droit qui est une démocratie dans la région. La preuve, nous sommes alliés des Américains, des Européens, nous respectons et un autre État. Laisser l’Iran avoir une arme nucléaire, ce serait une aberration.
Il restait quelques semaines pour l’empêcher d’utiliser ou de préparer cette bombe atomique. On ne peut pas attendre des discussions sans fin [aux Nations-Unies], d’administrations lourdes qui vont s’asseoir, décider de se rencontrer pour discuter alors qu’il n’y aura rien de fait sur le terrain ».
Sans l’aval des Nations-Unies…
« Très souvent, malheureusement, même en Afrique, de très nombreux conflits ont lieu. Il y a des réunions et d’autres réunions qui ont lieu dans différentes instances internationales. Entre-temps, les gens meurent. Des femmes sont assassinées, sont violées, des enfants sont assassinés, et on voit également une impuissance des Nations Unies dans ce type de conflits. Israël est un État souverain. Les Américains sont un pays souverain, c’est la plus grande puissance mondiale.
Lorsqu’il s’agit d’un sujet de vie ou de mort, allez-vous attendre ou agir ? Parce qu’attendre, parfois, c’est mourir. L’aide ne vient pas, ou les choses ne viennent pas.
Aussi, comme vous le savez, l’agence internationale pour le contrôle nucléaire, l’AIEA, est impliquée dans cette situation, puisqu’ils suivent clairement les situations du programme nucléaire secret iranien. Ils ont été au courant de ce qui se passe à l’intérieur, en tout cas en partie. Donc il y a évidemment des instances qui sont au courant. Malheureusement, dans la guerre contre le terrorisme dans laquelle nous faisons face très souvent, l’ONU n’a pas toujours eu les mots justes pour comprendre dans quelle situation nous nous trouvions ».
« Les instances internationales et pour ceux qui y siègent, les choses doivent être parfois concrètes et rapides. Sinon, c’est la catastrophe. Pour mettre fin à cette guerre, il faut que le régime en place décide qu’il ne veut plus se battre ».
Une guerre de longue durée ?
« Combien de temps cette guerre va durer ? Elle va durer le temps qu’il faut. Parce qu’Israël, nous n’avons pas de chronomètre en main pour limiter nos actions militaires et sécuritaires. Nous sommes en train d’être bombardés quotidiennement par des missiles balistiques, c’était le cas encore ce matin et hier soir, qui font des morts, on a eu trois morts et des blessés.
Le Hezbollah également attaque Israël. Il n’est pas impossible que d’autres proxys, d’autres supplétifs, se joignent à la campagne de soutien à l’Iran des Mollahs. Nous savons également que le Hamas et que le Hezbollah ont prêté allégeance, hier et avant-hier, au nouveau guide suprême, dont nous sommes prêts à toute éventualité.
Mais l’État d’Israël ne laissera plus jamais le régime des Mollahs être une menace, comme c’était le cas auparavant, et évidemment être une menace nucléaire pour l’État d’Israël. Je vais m’arrêter là et vous laisser peut-être des questions. Juste avant mes questions, je vais vous dire encore une chose.
Nous sommes un pays qui veut la paix, mais comme le dit un certain dicton, pour avoir la paix, il faut être prêt à la guerre. En allant dans cette campagne contre le régime des Mollahs, Israël fera tout pour ensuite revenir à une situation de paix, d’agrandissement des accords d’Abraham avec également de l’approfondissement des relations qui sont, à mon humble avis, extrêmement importantes entre l’Afrique, l’Afrique subsaharienne et l’État d’Israël. On a tellement à faire ensemble, et beaucoup à faire ensemble. Et je connais un peu l’Afrique, et c’est une région extraordinaire, des peuples merveilleux (…).
Pour que cette guerre s’arrête, il faut que le régime des Mollahs dépose les armes, qu’il ne soit plus en mesure d’avoir ce programme nucléaire et balistique. Et tant qu’il est là, qu’il reste en place, la guerre ne s’arrêtera pas (…). Cette guerre est venue parce que nous sommes obligés de la mener. Mais le peuple iranien pourra trouver les forces et le timing favorables grâce à l’opération américano-israélienne.
Seul le peuple iranien, seul lui, souverain, peut décider de qui ou de quoi sera demain fait l’Iran au niveau du régime. Il est clair que les dizaines de milliers de morts et puis l’oppression, la répression depuis des années et des années font que nous sommes dans un régime de terreur. On ne met pas en place 2 millions d’unités paramilitaires pour opprimer la population sans raison ».
Par Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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