Le juge Alphonse Charles Wright avoue avoir enregistré à son insu le procureur Sidy Souleymane Ndiaye

[dropcap]L[/dropcap]e procureur de la République près le tribunal de première instance de Dixinn est sur la sellette. Dans un audio diffusé mardi, Sidy Souleymane Ndiaye a confié au magistrat Alphonse Charles Wright qu’il a reçu des instructions fermes d’Alpha Condé pour faire condamner l’opposant au 3e mandat Foniké Mengué.

Au lendemain de la diffusion de l’élément, le juge Alphonse Charles Wright est sorti de son silence pour avouer qu’il est bien l’auteur de l’enregistrement. Le magistrat affirme avoir été la cible de menaces du chef du parquet de Dixinn.

« Deux semaines après une réunion à laquelle je n’ai pas été convié au tribunal de première instance de Dixinn, la présidente du tribunal m’a appelé. Administrativement, je révèle d’elle, mais dans la gestion des dossiers, je ne suis soumis qu’à la loi. J’ai répondu à son appel. Elle m’a dit : ‘Il y a un dossier ici, on a fait une rencontre. Mais les gens disent de ne pas te donner ce dossier’. J’ai demandé de quel dossier s’agit-il. Elle m’a répondu qu’on en parlera après. Une semaine après, elle m’a rappelé pour me dire : ‘Tu sais Charles, je t’apprécie bien. Mais les gens disent qu’il faut se méfier de toi’. Je lui ai dit que je ne lui ai pas fait du mal en lui demandant de me dire pourquoi elle m’appelle. Elle m’a fait savoir que c’est pour un dossier qui concerne Foniké Mengué (…). Elle m’a dit qu’il y a une situation : ‘D’après le procureur Sidy Souleymane Ndiaye, on a demandé à ce que le monsieur soit condamné à deux ans d’emprisonnement’.  Je lui ai demandé de prendre le dossier pour prononcer la peine qui lui semble conforme à sa conscience. Parce que pour moi, on ne peut pas préjuger du sort d’un dossier qui n’a pas été discuté suivant les règles et principes d’un procès équitable. Le procureur Ndiaye ne savait pas que le dossier m’a été affecté. Quand il l’a su, cela ne lui a pas plu. Les menaces ont commencé. Je suis allé redemander à la présidente du tribunal de prendre le dossier. Comme ça, je n’aurai pas de problème avec qui que ce soit. En dépit que toutes les menaces de M. Ndiaye, j’ai accepté de prendre le dossier. Parce qu’administrativement, quand on m’affecte un dossier, je suis obligé de le prendre en tant que magistrat. Quand le procureur est monté, il a compris que je suis en train de mettre toutes les parties sur un même pied d’égalité.

A l’audience, quand il a vu que je tenais d’une main de fer les principes directeurs du procès, il est descendu voir la présidente pour dire qu’avec moi, ce n’est pas facile de l’aborder. Il a demandé à la présidente de faire en sorte qu’il puisse me rencontrer. La présidente m’a appelé et demandé de la trouver en ville. Je suis allé la trouver au domicile de M. Eric Thiam. Après là-bas, elle m’a fait savoir que toujours au sujet du dossier Foniké Mengué qu’elle m’a appelé pour voir ce que je peux par rapport à la demande du procureur. J’ai répondu que si je savais que c’était pour ce sujet, je n’allais pas me déplacer. Elle m’a dit d’essayer de rencontrer Ndiaye. J’ai dit que je ne rencontrerai personne et que celui qui veut me voir, il n’y a pas de problème. J’ai pris la préoccupation, connaissant pas son intention, d’enregistrer cet entretien pour pouvoir garder comme preuve de ce qu’il va me dire.

Je ne peux rentrer dans les détails par rapport aux audios. Quand il est rentré dans mon bureau, il m’a dit sa position. J’avais le choix de lui dire : ‘Ecoutez, je ne vais pas condamner le bon homme parce qu’à l’exemple du dossier pénal, je ne voyais rien’. Dans ce cas, la solution qu’il avait, c’était de me sonder pour savoir si quelle est la conséquence réelle de toutes les démarches qu’il a faites auprès de la présidente du tribunal. Il voulait comprendre quelle doit être ma décision avant même de finir l’examen du dossier. J’avais le choix de lui dire : ‘Ecoutez, je ne vois aucune infraction’. Il allait dire : ‘Charles veut libérer le monsieur. Il faut le récuser, aller à la Cour d’appel de Conakry pour lui retirer le dossier’. Si je lui disais que je n’allais pas condamner Foniké Mengué, on allait me retirer le dossier et condamner un innocent. Je savais que derrière cela, il allait y avoir des conséquences. Je m’attendais à ça. Deux à trois après, on clôt les débats. Il prendre toute une réquisition et dit ce qu’il veut. J’ai mis l’affaire en délibéré. Personne ne m’a appelé, car pour lui, les carottes sont cuites. Il appelle la presse publique, la RTG pour venir couvrir le procès. Une façon de dire ‘C’est vous qui avez dit que Charles est inflexible, mais moi je sais qu’il va condamner le prévenu’. Il faut donc envoyer la presse publique pour dire qu’il n’y a pas de magistrats de siège à Dixinn et qu’il fait ce qu’il veut. Quand je suis rentré dans la salle d’audience pour vider mon délibéré, j’y ai trouvé un monde fou. Quand j’ai vu la masse média, je lui ai demandé si un siège peut vider le délibéré dans cette situation. Il était sûr que j’allais condamner le monsieur. Si je mettais limiter qu’à la lecture du dispositif, les gens n’allaient pas comprendre. Ils vont se demander comment j’ai pu libérer ou condamner le prévenu. J’ai lu toute la décision. Quand j’ai fini, il est sorti en courant en proférant des menaces à peine voilées. Il a convoqué une réunion d’urgence de son parquet. Il a dit au doyen Coumbassa : ‘C’est vous qui soutenez ce jeune, mais cette fois-ci, il a fait son dernier acte. J’ai appelé le président [Alpha Condé], on sait quelle mesure qu’on va prendre contre lui’. Puisque je n’ai pas fait ce qu’il a voulu que je fasse, il a dit qu’on va prendre des mesures contre moi (…)».

Par Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info

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Comments (1)
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  • Sory

    Charles Charles Wright et ces journalistes de hadafo de lamine guirassy, hontes a vous.
    Enregistrer, quelqu’un a son insu peu importe qui il est une bassesses .
    Ce média de menteurs le payera très chère .
    Le procureur N’diaye doit porter plainte contre c’est espion Charles Wright , il n’est plus digne de sa fonction.