L’avocat général près la Cour suprême, Algassimou Diallo, connu du grand public pour son rôle de procureur dans le procès des événements du 28 septembre, a été révoqué ce jeudi 20 août 2026 par le Conseil supérieur de la magistrature. Une décision qui met fin à sa carrière de magistrat. Le ministre de la justice et des droits de l’homme, Ibrahima Sory II Tounkara, est revenu sur les circonstances de cette procédure disciplinaire.
Les faits reprochés à Algassimou Diallo sont qualifiés de manquements graves aux devoirs de son état, à l’honneur, à la délicatesse et à la dignité attachés à la profession de magistrat.
Réuni en conseil de discipline, le Conseil supérieur de la magistrature a décidé de sa révocation sur la base des articles 20, 35 et 36 de la loi organique L/054/CNT/2013 du 17 mai 2013 portant statut des magistrats.
Le ministre de la justice et des droits de l’homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a expliqué que la procédure avait débuté par une mesure de suspension prise à la suite de faits portés à sa connaissance.
‘’Conformément à la loi L/054 du 17 mai 2013 relative au statut des magistrats de Guinée, le garde des sceaux, ministre de la justice, a les pouvoirs de suspendre un magistrat à partir du moment où il constate que ce dernier a commis des faits qui sont susceptibles d’entraîner une faute disciplinaire’’, a-t-il rappelé.
Il dit avoir été ‘’informé de certains faits de M. Algassimou Diallo. Dès que j’ai été informé de cette situation, de ces faits que j’ai estimés pas trop catholiques, des faits normalement qui ne devaient pas être commis par un magistrat, des faits qui sortent carrément du cadre des pratiques de magistrat, j’ai jugé nécessaire de le suspendre. L’article 38 de la loi précitée me permet, en tant que garde des sceaux, de le faire. Ce n’est pas parce que c’est M. Algassimou, c’est n’importe quel magistrat. N’importe quel magistrat se prêterait à telles pratiques sera suspendu. Et à la suite de cette suspension, saisir le Conseil supérieur de la magistrature’’.
Il précise que ‘’la suspension est provisoire, conformément à l’article 38 de cette loi. Le garde des sceaux n’a pas besoin d’attendre la décision du conseil de discipline du Conseil supérieur de la magistrature pour sanctionner ou pour suspendre un magistrat. C’est une mesure conservatoire qu’il peut bien prendre et saisir le conseil de discipline du Conseil supérieur de la magistrature qui est présidé par le premier président de la Cour suprême ou le procureur général près ladite cour. Donc c’est ce que j’ai fait. C’est clair dedans. »
A l’issue de la procédure, le conseil de discipline du Conseil supérieur de la magistrature a prononcé la révocation d’Algassimou Diallo. Le ministre de la justice a confirmé que cette décision entraîne la perte définitive de la qualité de magistrat.
‘’Conformément aux articles 20, 35 et 36 de la loi organique L/054/CNT/2013 du 17 mai 2013 portant statut des magistrats, M. Algassimou Diallo vient d’être révoqué par le conseil de discipline du Conseil supérieur de la magistrature. Ça veut dire qu’à partir de l’instant, il n’est plus magistrat. C’est ce qui ressort de cette note’’, a annoncé Ibrahima Sory II Tounkara sur la télévision nationale.
Cette décision met ainsi fin à la carrière de magistrat d’Algassimou Diallo, après la procédure disciplinaire engagée à son encontre.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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