Le ministre des infrastructures et des travaux publics, Laye Sékou Camara, a dénoncé les sorties médiatiques de certains politiciens, tout en soulignant que la jeunesse guinéenne a souvent été instrumentalisée à des fins politiques.
‘’Quand je vois certains politiciens aujourd’hui appeler des gens en vidéoconférence pour dire : ‘J’arrive’, alors que le match se joue (…) Moi, je vais sortir dans la rue, aller jeter des cailloux, alors que toi, tu dors là-bas, tu es au froid et tes enfants sont en train de faire leur doctorat. La jeunesse guinéenne est en train de comprendre. On nous a suffisamment utilisés pour faire des trucs, pour nous faire espérer’’, indique le ministre des infrastructures et des travaux publics.
Il assure que la perception des jeunes de l’axe Hamdallaye-Bambeto-Cosa commence à changer.
‘’Bambeto, où se trouve le pont, était un quartier stigmatisé. On disait que c’était un quartier très violent, Mamadi Doumbouya a prouvé le contraire. Sur le chantier, 70 % des ouvriers étaient des jeunes de ce quartier. Et les entrepreneurs qui ont exécuté le contrat étaient satisfaits du comportement des ouvriers : pas de vol sur le chantier, pas de grève, alors que c’étaient des gens réputés être parmi les plus bandits de la capitale. Ils ont fait leurs preuves. C’est parce qu’ils n’avaient pas de considération. Ils étaient là, on les utilisait juste pour aller à l’abattoir, pour leur dire : il faut jeter des cailloux, tu dois mourir, moi mon enfant doit aller faire son doctorat ailleurs pour venir être président. Aujourd’hui, ce monsieur [Mamadi Doumbouya] a réussi à prouver à ces jeunes-là que non, vous n’êtes pas ça, vous êtes autre chose’’, assure Laye Sékou Camara sur Vox Africa.
Selon lui, ‘’si on disait que Mamadi Doumbouya serait allé à Bambeto, transformer les jeunes en ouvriers qualifiés, on aurait dit que ce n’est pas possible. Eux-mêmes, ils n’en croyaient pas. Ceux qui étaient à la base de tout ça, ils n’en croyaient pas. Mais aujourd’hui, on trouve des gens, des mécaniciens qualifiés, des ferrailleurs qualifiés, des maçons qualifiés dans ce groupe-là, et bientôt, on démarre un autre pont. Ce sont ces mêmes jeunes qu’on va utiliser encore pour reconstruire ça’’.
‘’Il faut qu’on change. On ne va pas rester éternellement pour dire : Non, il faut que ce soit moi, si ce n’est pas moi, ce n’est pas bon. Essayons d’autres guinéens. On a vu qui des gens qui, depuis 1900, sont chefs de parti, venir dire : ‘J’ai été candidat plusieurs fois’. Pendant ce temps, on parle de démocratie (…). Après, ce sont eux qui viennent chanter que tel n’est pas démocrate’’, déplore M. Camara.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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