Une liste de 111 cadres de l’administration publique guinéenne, largement relayée sur les réseaux sociaux et certains médias, a suscité une vive polémique ce jeudi 16 avril 2026. Présentée comme une décision du procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), elle évoquait des mesures d’interdiction de sortie du territoire visant d’anciens ministres, directeurs généraux, responsables de marchés publics, des contrôleurs financiers ou encore des cadres d’entreprises publiques, pour des faits présumés de détournement de deniers publics, corruption ou blanchiment d’argent.
Face à l’ampleur de la diffusion de cette information, le Parquet spécial près la CRIEF est rapidement monté au créneau ce vendredi 17 avril 2026 en apportant des clarifications.
Dans un communiqué, l’institution dément formellement être à l’origine de ce document. ‘’Il a été donné au Parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières de constater via les réseaux sociaux, la circulation d’une liste non référencée à lui attribuée, faisant état des interdictions de sortie du territoire national prises contre certains cadres de l’administration publique’’, a-t-il réagi.
Le parquet déplore les confusions engendrées par cette situation, soulignant que ‘’cette situation a créé et continue à créer de l’amalgame autour des procédures ouvertes et en cours de traitement par nos services de police judiciaire compétents’’.
Il rappelle, à cet effet, l’importance du respect des principes fondamentaux du droit, notamment celui de la présomption d’innocence et du secret des enquêtes.
La CRIEF insiste sur le cadre légal encadrant ses actions, notamment les lois relatives à la lutte contre le blanchiment de capitaux et la corruption. ‘’Il rappelle son attachement au respect du principe cardinal de la présomption d’innocence, et surtout au respect du caractère secret des enquêtes dans le cadre de la poursuite des infractions susceptibles d’être qualifiées de corruption, blanchiment de capitaux’’, a précisé l’institution dans le le communiqué.
Toutefois, le Parquet spécial réaffirme sa détermination à lutter contre les infractions économiques et financières. Il rassure que ‘’le temps est désormais à l’action et non à la parole », tout en s’engageant à « démasquer, traquer et poursuivre sans aucune exception tous les délinquants financiers, et à faire saisir leurs avoirs illicites au profit de l’État’’.
Afin d’éviter la propagation de fausses informations, le parquet invite les journalistes et le public à se référer exclusivement à ses canaux officiels de communication. Il appelle également à une collaboration responsable des citoyens, notamment des lanceurs d’alerte et des organisations engagées dans la lutte contre la corruption.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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