L’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana et (21 mai 2018–5 septembre 2021) l’ancien président du parlement Amadou Damaro (22avril 2020–5 septembre 2021) Camara et leurs compagnons de bagne caressent l’espoir de fêter Noël loin de la Maison centrale de Coronthie.
M. Fofana et son ancien ministre de la Défense nationale sous le régime déchu, Dr Mohamed Diané, bénéficient depuis vendredi 16 décembre 2022 de décisions de mise en liberté.
Seule l’opposition du procureur près la CRIEF (Cour de répression des infractions économiques et financières), qui s’est pourvu en cassation devant la Cour suprême, les maintient encore entre les quatre murs de la grande prison de Conakry.
Néanmoins, l’espoir est grand dans les rangs de leurs avocats de voir «l’ordonnance de mise en liberté accordée» par la chambre de l’instruction de la CRIEF prospérer.
Cette décision est «confirmée par la chambre spéciale de contrôle de l’instruction». La demande de mise en liberté sous conditions assortie d’une caution de 5 milliards de Francs guinéens en faveur de Dr Diané est stoppée par le procureur spécial de la CRIEF, Aly Touré, quia relevé appel devant la chambre spéciale de contrôle de l’instruction.
Le collectif des avocats de la défense de Kassory s’élève contre ce qu’il appelle «les manœuvres judiciaires qui n’ont d’autre but que de porter atteinte, à terme, à ses droits politiques». Il donne l’exemple de l’ancien ministre Ministre chargé des Hydrocarbures (2018-2022), Diakaria Koulibaly qui a été libéré en 48 heures, avec l’aval express du Procureur spécial, et sans recours devant la juridiction d’appel.
Lors d’une visite inopinée à la Maison centrale pour s’enquérir de l’état de santé des célèbres détenus dont Kassory, Damaro et les leaders sociaux du FNDC Ibrahima Diallo et Foniké Menguè, le ministre de la Justice, Alphonse Charles Wright, a déclaré à la presse, le 15 décembre 2022 qu’ils se portent bien.
Kassory, Dr Diané, Damaro & Cie sont accusés «de détournement de deniers publics, corruption, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux».
La Cour anti-corruption mise en place par le régime du colonel Doumbouya n’a toujours pas fixé la date de leur procès. Mais qu’ils paient une caution ou pas, le rêve de fêter noël en famille que caressent ces anciens dignitaires du régime du 3ème mandat peut se réaliser ce 23 décembre 2022 si la CRIEF accède à leur demande de mise en liberté provisoire. Ne serait-ce que pour le temps des fêtes de fin d’année.
Par Gordio Kane, in Le Populaire N°854 du lundi 19 décembre 2022