Le RPG Arc-en-ciel assure que tous ceux qui ont applaudi le coup d’État du 5 septembre en dénonçant des dérives du régime d’Alpha Condé se rendent compte que leurs arguments ne tiennent pas la route.
Pour l’ancien ministre Marc Yombouno, les détournements sont propres à tous les régimes. Il affirme qu’il revient à la justice d’appliquer la loi dans toute sa rigueur. Extraits…
‘’Le temps est le meilleur juge. Si, en novembre 2021, en décembre 2021, jusqu’en février 2022, on disait que tout ce qui a été dit pour enlever le Professeur Alpha Condé ne tient pas, certains n’allaient pas croire tellement qu’il y avait une ruée médiatique et autres sur le RPG Arc-en-ciel. Toutes sortes de maux étaient mis sur la gouvernance du professeur Alpha Condé. Et c’est ce qui a amené, selon eux, à enlever le professeur de façon illégale et illégitime.
On a parlé de 3e mandat. On disait qu’il y avait des détournements, la politisation, la personnalisation du pouvoir et beaucoup de choses. Aussi, beaucoup parlent de l’Union africaine sur la démocratie. Il faut se souvenir que le professeur Alpha Condé a prêté serment sur la Constitution de 2010, n’est-ce pas ? Elle ne permettait pas un troisième mandat d’un même président. Est-ce qu’il n’a pas fini ses deux mandats ? Est-ce que pendant les dix ans, il a pris un décret pour rallonger son mandat au lieu que les élections ne se tiennent en 2020 ? La fin des deux mandats du professeur Alpha Condé constitutionnellement, s’il gagnait le deuxième mandat comme il l’a gagné en 2015, il devrait prendre fin en 2020. S’il n’organisait pas les élections en 2020, il serait tombé dans la violation de la loi.
Il n’était pas en violation de la loi. Pourquoi ? La charte de l’Union africaine sur la démocratie des élections et de la gouvernance, en son chapitre 4, parle de la démocratie, de l’Etat des droits et des droits de l’homme. l’article 10, alinéa 2, il est dit : ‘les Etats parties doivent s’assurer que le processus d’amendement ou de révision de leur constitution repose sur un consensus national confortable, le cas échéant, recourir au référendum’.
Tous les Etats qui font partie de l’Union africaine, qui ont signé la charte, qui ont adopté, si vous voulez changer la constitution, vous devez respecter la norme. Soit, il faut un consensus national, tout le monde accepte, mais si tout le monde n’accepte pas, il faut aller au référendum. Le Professeur n’a-t-il pas organisé un référendum ? La majorité des guinéens n’a pas voté ? Pourquoi minimiser alors la voix des guinéens pour dire que c’est un troisième mandat ? On a changé de République à travers une nouvelle constitution. Pour justifier le coup d’État, parce que c’était dans l’émotion, les gars ne sont pas allés aux confins des textes. Ils ont fait une analyse épidermique comme ils ne voulaient plus du Pr Alpha Condé.
Deuxième chose, la gabegie, la politisation, tous ces maux, ce n’est pas un coup d’État qui doit les corriger, c’est la loi. Est-ce que depuis 1958, la première constitution, les lois organiques et tout ce qui est réglementaire en Guinée ne sanctionnaient pas les détournements, la gabegie financière, la politisation ? C’est pourquoi dans les institutions, la justice et autres, c’est la loi qui sanctionne. Quel est le pays au monde où il n’y a pas de détournements ? Mais s’il y a des détournements, la justice sévit pour arrêter, emprisonner, faire rembourser. C’est ça l’État.
Moi, je ne peux pas me lever dans un État, parce que j’ai eu une dent contre Cissé qui a construit une grosse villa, j’ai dit qu’il a détourné des fonds, je vais et je le renverse. Je dois laisser la loi s’appliquer, les institutions sont faites pour ça’’.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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