En République du Bénin, la date du 10 janvier de chaque année polarise l’attention de la majorité des citoyens du pays et suscite la curiosité de la diaspora transatlantique[1].C’est la fête nationale du Vodoun.
Reconnu comme fête publique courant les années 1991 par les gouvernants, l’attribution d’un moment spécial pour faire honneur aux traditions endogènes à travers la célébration des rites et cultures revêt un caractère sacré qui favorise une plongée dans l’histoire et les traditions ancestrales du Bénin.
L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) dans son nouvel agenda de politiques culturelles pour le développement et la compréhension mutuelle nous rappelle que c’est à travers la culture que nous donnons un sens à nos vies et développons notre identité.
Dans le but de consolider au sein de l’espace public, l’identité culturelle reconnue au Bénin comme berceau du vodoun, les actuels gouvernants du pays ont décidé de revisiter la manière dont la fête traditionnelle des religions endogènes est célébrée au préalable.
En prenant en compte la délimitation de l’espace public[1] sous le prisme de Jürgen Habermas, nous comprenons que l’objectif des acteurs de cette réforme culturelle est de faire des festivités un lieu symbolique où les opinions, les pratiques, et cultes privés sont rendus publics pour faciliter une meilleure compréhension de la culture Vodun.
Cette modernité marquée par la création d’un festival d’art, de musique et de brassage culturel dénommé « Vodun Days » contribue ainsi à améliorer la perception générale de l’opinion publique sur la célébration de cette fête des religions traditionnelles. A travers, les artistes de renommée mondiale, invités et toutes les activités diversifiées qui enrichissent ce festival, la diplomatie culturelle du Bénin se retrouve renforcée.
En s’inspirant des travaux de LOMBARD Alain, nous pouvons comprendre que travailler au rayonnement de la culture béninoise s’inscrit dans la mise en place d’une stratégie de diplomatie d’influence[1].
William Dossou
Chargé d’études, analyste politique et géopolitique, InterGlobe Conseils (antenne de Porto-Novo)
[1] LOMBARD Alain, La diplomatie culturelle, Presses Universitaires de France, Que sais-je, Paris, 2022, 128p
ROSEMBERG Muriel, Le Marketing urbain en question : production d’espace et de discours dans quatre projets de villes, édition Anthropos, collection ville, Paris, 2000, 184p
PAQUOT Thierry, L’espace public, La Découverte, Collection Repères, 2024, 128p
Loi n°2024-32 du 02 septembre 2024 fixant la fête annuelle des religions traditionnelles en République du Bénin.
CHIVALLON Christine, L’esclavage : du souvenir à la mémoire :contribution à une anthropologie de la Caraïbe, Karthala, 2012, 618p.