Il est, à nos yeux, des décisions judiciaires qui dépassent le simple cadre de la procédure pour marquer le temps institutionnel. C’est assurément le cas ici. L’ordonnance du parquet spécial près la CRIEF d’autoriser le départ d’Ibrahima Kassory Fofana et d’Amadou Damaro Camara pour des raisons médicales pose un acte juridique déterminant. Cet arbitrage répond aux garanties constitutionnelles sur la dignité humaine.
Nous constatons que cette mesure s’inscrit dans la lignée des fondements impulsés par le magistrat Alphonse Charles Wright, ancien ministre de la Justice et actuel Procureur spécial près la CRIEF.
Il apparaît ainsi à nos yeux que, s’appuyant sur l’analyse des juristes, l’accusation adosse sa décision sur le droit fondamental à la santé, garanti par la Constitution en vigueur et les conventions internationales.
Cette urgence médicale s’accompagne d’une élection de domicile stricte chez leurs avocats et d’un examen approfondi de leur statut juridique. Ce dénouement médical marque profondément l’opinion publique, ainsi que les observateurs de la Ve République que nous sommes.
L’événement rappelle aux analystes judiciaires l’ouverture du procès historique du massacre du 28 septembre 2009, longtemps renvoyée aux calendes grecques sous les régimes précédents avant de trouver son digne traitement.
Sous la conduite du président de la CRIEF, le magistrat Francis Kova Zoumanigui, cette disposition établit une jurisprudence fondatrice. Les experts du monde judiciaire soulignent que le principe d’égalité devant la loi impose désormais un traitement similaire pour toute situation médicale analogue.
Cette règle vaut pour tous, indépendamment de la notoriété des prévenus ou de la nature des charges financières.
Un tel arbitrage empreint de hauteur de vue mérite que nous le saluions avec déférence. Il démontre que la règle de droit, inflexible dans sa mission de protection sociale, trouve sa plus haute expression dans la sauvegarde de la vie.
Faire prévaloir l’équité nous prouve que la loi s’affirme pour le bien de tous, même si l’œuvre humaine demeure incontestablement imparfaite.
Sur le plan de la justice, les professionnels du barreau s’accordent à dire avec nous que ce choix demeure ambitieux. Le respect rigoureux des engagements de représentation par les prévenus à leur retour consoliderait l’équilibre entre fermeté publique et droits fondamentaux.
À l’inverse, tout manquement fragiliserait les mécanismes de contrainte judiciaire. C’est dire l’enjeu !
Cette mesure ordonnée le 10 septembre 2026, de l’avis convergent des praticiens du droit, équilibre la répression des infractions économiques et la protection de l’intégrité physique des citoyens. Il appartient désormais à l’autorité judiciaire de maintenir cette démarche humanitaire pour l’ensemble des procédures en cours.
Par Alpha Abdoulaye Diallo, in Le Populaire du 21 septembre 2026