Après la réintégration de la Guinée, Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de la Francophonie, souhaite le retour au sein de l’institution des pays d’Alliance des États du Sahel (AES), suspendus suite à des putschs militaires.
La diplomate rwandaise à la tête de l’OIF appelle de tous ses vœux le retour du Mali, du Burkina Faso et Niger au sein de l’organisation.
‘’La Francophonie a vu le jour au Niger en 1970. Aujourd’hui, le Niger est suspendu. Notre charte politique s’appelle la Déclaration de Bamako au Mali. Je suis donc très mal à l’aise pour la partie symbolique. Nous sommes une organisation qui est fondée sur la solidarité, la rencontre des peuples. Une fois qu’un pays est suspendu, en quelque sorte, on est coupés des peuples qui sont la raison d’être de notre organisation’’, explique-t-elle dans un entretien accordé à TV5 Monde.
Elle estime qu’il est temps de trouver un moyen de ramener ces pays dans leur famille francophone. Toutefois, souligne avec insistance Louise Mushikiwabo, ‘’cela ne veut pas dire qu’on va aller les chercher à tout prix. On veut dialoguer avec eux, avoir des échanges. Parce qu’on ne veut pas que la famille francophone soit coupée en deux’’.
Sur les reproches faits à l’OIF, la patronne de l’institution affirme que ‘’la politique n’est pas une science exacte. C’est compliqué, ça ne nous empêche pas d’essayer. Parce que c’est bénéfique pour les pays, les peuples et pour nous. Je suis dans la politique depuis longtemps. J’ai beaucoup travaillé sur le continent africain. J’ai été ministre des affaires étrangères pendant 10 ans. J’ai des contacts. Ce qui est important pour moi, c’est de pouvoir avoir un dialogue, créer ce climat de confiance qui nous permet d’échanger avec les pays. C’est ce que nous avons fait avec la Guinée par exemple qui était aussi suspendue et qui vient de revenir dans la famille francophone’’.
Une décision qui a suscité assez de polémiques au sein de la classe sociopolitique guinéenne. ‘’Cette décision peut faire polémique et je le comprends. Parce que nos Etats ont souscrit à certains textes politiques, protocoles, notamment tout ce qui concerne la pratique démocratique, les droits et les libertés. Donc, ce n’est que normal’’, argumente Mme Mushikiwabo.
Elle pense qu’il ‘’faut pouvoir dépasser les situations compliquées. Le Mali, le Burkina et le Niger sont des pays qui ont connu de grandes difficultés. Les analyses trop faciles, ce n’est pas cela qui va nous aider à les ramener au sein de l’OIF. Mais vraiment, je souhaiterais, au prochain sommet de la Francophonie au Cambodge en 2026, qu’on soit avec tous nos États membres’’.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
00224 622 98 97 11/boussouriou.bah@visionguinee.info