Devant la barre ce mardi pour livrer sa version sur le massacre du 28 septembre, François Louceny Fall a déploré les cas de viols perpétrés par les forces défense et de sécurité au stade. Pour l’ancien ministre des affaires étrangères, des militaires s’acharnaient sur les femmes.
A la question de l’un des procureurs de savoir s’il a vu des femmes violées au stade, Louceny Fall répond : ‘’Oui ! Ça, j’en ai vu. Quand vous sortez de l’aire de jeu, il y a un espace entre le stade lui-même et la sortie et il y a le palais de sports à gauche. C’est dans cet espace que nous avons vu des militaires qui s’acharnaient sur des femmes. Là, on a bien vu. J’ai même reconnu une de mes militantes entre leurs mains’’.
‘’Parlant de ce que vous avez vu et le nombre qui a été donné, est-ce qu’il y a une conformité entre la réalité et le chiffre officiel ?’’, cherche-t-il à savoir.
‘’M. le procureur, je suis un homme politique, j’étais le président d’un parti politique. Les autres responsables des forces vives ont fait leurs dénombrements. Mais quand je prends mon parti, je sais qu’il y a eu beaucoup de femmes qui ont été violées, violentées et d’autres qu’on a déshabillées et qui sont sorties du stade et qui n’ont eu de secours qu’avec des femmes des quartiers riverains. Mais le nombre de femmes violées, j’ai toujours dit que c’est bien au-delà du chiffre qui a été communiqué. C’est la même chose qu’avec le nombre de morts. Dès lors qu’on a enlevé des corps la nuit, on ne peut plus savoir le nombre de morts. C’est évident, ils ont enlevé des corps’’, déplore l’ancien ministre des affaires étrangères.
‘’Des femmes ont été enlevées pour être envoyées dans des camps militaires. Vous avez pu savoir quels étaient ces camps ?’’, demande l’empereur des poursuites.
‘’Non ! Je n’ai pas été au courant de ça. Je l’ai appris après. Au sein de mon parti, j’ai fait le tour des femmes qui ont été victimes. J’ai rendu visite à chacune d’elle, mais je n’ai pas eu vent de femmes qui ont été séquestrées et maintenues dans des camps. Sinon, je serais allé à leur recherche. Au sein de mon parti, je n’ai pas dénombré’’, répond le témoin.
Sur l’existence de fosses communes ayant servi de charniers, il affirme que ‘’j’ai entendu parler d’une fosse qui était au camp Alpha Yaya. C’est une fosse béante qui a été laissée là-bas après l’exposition de bombes. Vous savez qu’il y a quelques années, il y a eu une grande explosion de munitions, on nous disait qu’il y avait cette excavation. Moi, je n’ai pas vu mais on nous a dit que les jours qui ont suivi, des corps ont été ensevelis là-bas’’.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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C’est vraiment une triste réalité