Tout en saluant la dissolution de l’UFDG de Cellou Dalein Diallo, de l’UFR de Sidya Touré et du RPG Arc-en-ciel d’Alpha Condé, l’ancien ministre de la communication, Alhousseine Makanera Kaké, estime que l’administration guinéenne a fait preuve de beaucoup de tolérance à l’égard des partis politiques au fil des années.
‘’Le devoir nous impose, en tant que patriotes, de ne pas céder à l’émotion. Il faudrait que nous soyons vraiment lucides et patriotes pour faire une analyse de cette situation’’, indique l’ancien ministre de la Communication.
Avant de poursuivre : ‘’Le premier pilier, c’est le cadre légal. Le deuxième pilier, c’est le cadre social. Et le troisième pilier, c’est le cadre économique. Si je prends le premier pilier, le cadre légal, je vous prie de me croire, d’ailleurs je persiste et je signe, aucun des partis politiques dissous ne peut prétendre avoir respecté la loi organique de 1991 et la loi organique de 2025. C’est pourquoi je parle de 1991, pour ne pas qu’on dise que le CNRD a voté une loi organique pour bâillonner les partis politiques’’.
Parlant du ‘’cadre légal conformément à la loi de 1991’’, il note que ‘’dans cette loi, les partis politiques sont des associations qui doivent fonctionner sur la base des cotisations. Et aucun parti politique ne doit recevoir de dons et de legs au-delà de 20 % de son patrimoine. Et avant de recevoir un don, il faudrait que cela soit accepté après l’information préalable du ministère de l’administration du territoire’’.
Aujourd’hui, poursuit-il, ‘’vous avez des partis politiques qui n’ont même pas un patrimoine de 50.000, qui ont des sièges de milliards et qui financent des campagnes de milliards (…). Aucun de ces partis politiques n’organise régulièrement et conformément aux statuts du parti leur congrès. Même ceux qui ont tenté de faire semblant d’organiser le congrès. On dirait que ça, ce n’est pas un congrès. Quand c’est une petite minorité qui décide qui doit être congressiste, qui paye le transport des congressistes, qui loge les congressistes, qui paye les frais du congrès et qui décide qui doit être élu et qui ne doit pas être élu. Même si vous êtes populaire, si le chef du parti n’est pas pour vous, vous ne serez même pas dans la salle’’.
Parlant des discours politiques, Makanera estime qu’il s’agit de la séduction. ‘’On demande à l’armée de prendre le pouvoir, on demande à la population de ne pas obéir à l’ordre établi, de ne pas respecter la loi. Et surtout, la caractéristique principale des discours, c’est l’ethnocentrisme. Ce qui a fini par détruire le tissu social. C’est pourquoi, je dis, en toute honnêteté, que l’administration a été tolérante. Tout ce que je viens d’évoquer ici entraîne la dissolution du parti politique. Mais pas que seulement. Ça doit entraîner la poursuite judiciaire’’.
Parce que, dit-il, ‘’ce sont des faits prévus par le Code pénal et punis. Et je vous assure que ce sont des peines qui peuvent aller au-delà de cinq ans de prison. Donc si les partis ont été dissous seulement, nous dirons que l’administration a analysé avec beaucoup de circonstances atténuantes’’.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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