Massacre du 28 septembre : Marcel, le neveu de Dadis, réclame la présence Sidya et Dalein à la barre

Cité par plusieurs témoins comme étant l’un des cerveaux du massacre du 28 septembre, le neveu de Dadis Camara nie en bloc sa présence au stade. Le lieutenant Marcel Guilavogui, ancien commandant adjoint du Bataillon autonome de la sécurité présidentielle (BASP), dit n’avoir jamais rencontré Jean Marie Doré et Sidya Touré.

Le procureur a indiqué à l’accusé que l’ancien Premier ministre de la transition dit l’avoir vu au stade 28 septembre. ‘’M. Jean Marie Doré, on ne s’est jamais rencontrés. On ne s’est jamais salués, comment peut-il me reconnaitre ? Ce n’est pas moi (…). Je n’ai pas été au stade du 28 septembre. Pourquoi devrais-je être à la clinique Ambroise ?  Je n’ai pas été au stade à plus forte raison tirer sur quelqu’un’’, se défend Marcel Guilavogui.

‘’En plus du colonel Tiegboro Camara, de feu Jean Marie Doré, Sidya Touré reconnait vous avoir vu au stade, comment peut-on expliquer cela ?’’, réclame le maitre des poursuites. ‘’Je ne sais pas pourquoi ils m’accusent. Parce que M. Sidya Touré, je ne l’ai jamais rencontré face-à-face. Je ne l’ai jamais vu, je n’ai jamais été à son domicile. Il n’y a pas de relations entre nous pour qu’il dise que telle personne, c’est Marcel. Je ne sais pas d’où viennent ces accusations. Qu’il vienne à la barre. Je veux une confrontation avec lui’’, répond-il.

A la question de savoir s’il est opportun que Cellou Dalein Diallo et Sidya soient présent à la barre pour témoigner, il répond par affirmative : ‘’Qu’ils viennent témoigner devant la Cour’’.

Interrogé sur les pillages après le massacre du 28 septembre, le neveu de Dadis Camara souligne : ‘’J’ai perdu la mémoire en 2014, je ne peux même pas souvenir de certaines personnes. J’ai fait 4 mois à Donka. L’administration pénitentiaire est témoin. Aujourd’hui, après 13 ans, si on me dit de rappeler certaines choses, c’est difficile. Je ne sais rien des pillages’’.

A l’entendre, à l’orée du 28 septembre, ‘’j’étais alité à la clinique Ambroise (…). Après, on m’a libéré en me disant de ne pas faire des mouvements. Je ne suis même pas rentré chez moi. J’ai appelé ma femme pour lui dire que je reste à la présidence [au camp Alpha Yaya]. J’étais couché dans mon bureau. C’est là qu’elle venait avec de la bouillie et j’ai pu continuer mon repos. Parce qu’on m’a dit de ne même pas parler’’.

‘’Est-ce que vous avez un document médical confirmant cela ?’’, souhaite savoir le procureur. ‘’Avant d’être arrêté, Madame a dit qu’elle emmène mes documents avec l’ordonnance à la maison. Pourtant, je ne savais pas que ce jour allait arriver. Après mon arrestation, le juge Diawara a demandé les documents. À l’époque c’est Me Morlaye Sylla que l’une de mes sœurs a pris comme avocat. Il a demandé les preuves et nous avons donné au juge. On n’a pas photocopié, on lui a juste remis le document. Actuellement, je ne sais pas où se trouvent ces documents. Et mon avocat m’a confirmé qu’il les a donnés’’.

Quant il lui est demandé s’il a participé à une réunion au camp Alpha Yaya Diallo à la veille du massacre du 28 septembre, le lieutenant Marcel Guilavogui souligne que ‘’j’étais un simple garde du corps. Je ne peux pas assister à une réunion de l’état-major. Je n’ai jamais assisté à une réunion. C’est ici à la barre que j’apprends cela’’.

Sur ses rapports avec Toumba Diakité, affirme que ‘’c’est un ami de service. Il nous commandait et on était sous ses ordres. Il était l’aide du camp du président Moussa Dadis Camara. C’est lui qui a été nommé par décret. La garde a été consignée pour qu’on puisse l’obéir (…). On disait que j’étais l’adjoint de Toumba parce que je marchais souvent avec lui, mais il n’y a pas eu un décret me confirmant’’.

Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info

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