Massacre du 28 septembre : Torturé pendant 12 jours au camp Alpha Yaya, Yaghouba perd tout et retourne dans son village pour devenir muezzin

Yaghouba Barry dit avoir été arrêté par des éléments du colonel Tiègboro Camara avant d’être déporté au camp Alpha Yaya Diallo où il a subi 12 jours de tortures. Ce mardi, dans le cadre du procès du massacre du 28 septembre, la victime revient sur sa mésaventure et révèle comment sa femme a été poignardée et violentée par des agents de force de défense et de sécurité.

‘’Le colonel Tiègboro partait à Madina avec des véhicules. Il bloquait toutes les entrées et demandait à ses agents de rentrer. Il a fait ça aux environs de 12h au moment où les devisemen étaient en train de travailler. Il faisait un hold-up. Tout le monde fuyait, des gens laissaient leur argent sur place. C’est pourquoi, je ne suis pas surpris de son implication dans les évènements du stade’’, a fait savoir Yaghouba Barry devant le tribunal criminel de Dixinn.

La victime dit avoir été au stade du 28 septembre avec sa femme en état de famille. ‘’Elle a été poignardée. Et on lui a fait des choses que je ne peux pas dire ici’’, souligne-il.

Il affirme qu’il a subi des tortures durant 12 jours au camp Alpha Yaya Diallo après avoir appréhendé au stade. ‘’Ils nous ont torturés et ont fracturé ma jambe’’, se souvient M. Barry, avant de pointer un doigt accusateur avoir vu les colonels Tiègboro Camara et Abdoulaye Chérif : ‘’Ils sont au courant, nous avons été torturés. Les autorités savaient ce qui se passaient là-bas’’.

Fauché, il décide de rentrer au village pour devenir muezzin…

Avant le massacre du 28 septembre, Yaghouba exerçait le petit commerce au grand marché de Madina pour subvenir aux besoins de sa famille. ‘’A l’époque, je me débrouillais à Madina. Mais, après ça, j’étais obligé de retourner au village. Actuellement, je suis muezzin chez nous à Telimélé. C’est de là-bas qu’on m’a appelé pour venir ici. Mes enfants n’ont pas pu être scolarisés. Ce sont les conséquences de ce que nous avez subi au stade avec mon épouse’’, se plaint-il.

A la question de savoir ce qu’il s’attend de la justice, il dira : ‘’Nous venons du village. Je n’ai rien, mes enfants ont été confiés. Je demande au tribunal de m’aider. Nous avons beaucoup souffert. Actuellement, nous n’arrivons même pas à avoir des médicaments. En plus de cela, il faut sanctionner ceux qui ont fait du tort à la population au stade du 28 septembre’’.

Abdoulaye Bella Diallo, pour VisionGuinee.Info

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