Me Mohamed Traoré après l’arrestation de Foniké Mengué et Cie : “Nous sommes en train de tomber dans un populisme judiciaire”

L’ancien bâtonnier se dit choqué par la méthode utilisée mardi pour l’arrestation de responsables du Front national pour la défense de la constitution (FNDC). Me Mohamed Traoré affirme qu’il ne s’attendait nullement pas à tels actes après le coup d’Etat du 5 septembre. 

“Je suis très choqué par cette image qui défile en boucle sur la toile. Je ne m’attendais vraiment pas à voir ce genre de choses en Guinée après le coup d’Etat. C’est vrai qu’il y a eu des arrestations en dehors de toute procédure, mais qu’une personne soit traînée de la sorte et violentée devant des caméras, c’est une première”, dénonce l’avocat Mohamed Traoré. 

Il admet que “l’injure est une infraction, la reproduction d’une injure est une infraction. Mais la question que je me pose est de savoir si des poursuites peuvent être engagées sans une plainte préalable du CNT. J’ai entendu le procureur général dire qu’il est possible que des poursuites soient engagées pour injures sans aucune plainte préalable. Moi je dis que c’est une contre-vérité absolue”.

L’homme de droit souligne que c’est lorsque le chef de l’Etat est visé par des injure que le ministère public peut agir d’office sans aucune plainte. 

“Là aussi, quand le président de la République le demande, les poursuites peuvent être arrêtées. Pour toutes les autres infractions notamment injures ou diffamation envers d’un membre ou plusieurs membres de l’assemblée nationale,  la plainte ne peut-être engagée que sur la base de la plainte de la ou des victimes. Le procureur ne peut pas s’auto-saisir en pareilles circonstances. Je mets au défi le procureur de m’indiquer un seul texte qui prouve le contraire. Même le parquet ne peut pas agir sans la plainte du CNT”, renseigne Me Traoré. 

Il dit à qui veut l’entendre que “nous sommes en train de tomber dans un populisme judiciaire qui risque d’avoir des conséquences assez néfastes sur les libertés individuelles. Nous devons faire attention”.

Aissatou DIALLO, pour VisionGuinee.Info 

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