Le président de la Haute autorité de la communication (HAC), Boubacar Yacine Diallo, hausse le ton face aux dérives dans le paysage médiatique guinéen. Présent ce jeudi 8 octobre au lancement officiel des activités de la Fédération patronale des associations professionnelles de presse de Guinée (FEPAP-GUI), il a appelé à poursuivre les réformes pour assainir le secteur.
Le patron de l’organe de régulation des médias entend lutter contre ce qu’il considère comme l’un des problèmes majeurs de la presse guinéenne. Il dénonce le cumul des fonctions de journaliste et de patron de média, appelant à mettre fin au désordre au sein de la corporation.
‘’Aujourd’hui, la Haute autorité de la communication fait un combat assidu, acharné et sans relâche contre les petits patrons très endettés. Je prête le mot à mon jeune frère Sanou Kerfalla Cissé, des petits patrons très endettés et parfois sans ressources, qui veulent être des patrons’’, a-t-il martelé.
Boubacar Yacine Diallo a relaté le cas d’un promoteur de Web TV sanctionnée par la HAC. Selon son témoignage, le jeune homme s’est présenté à son bureau avec un cahier des charges acheté au ministère de la communication.
‘’Récemment, un jeune qui a une Web TV, que nous avons sanctionnée, est venu me voir avec un cahier des charges qu’il a acheté au ministère de la communication. La première erreur, c’est de penser que ce cahier des charges était son autorisation d’être patron’’, a-t-il expliqué.
Le patron de la HAC affirme lui avoir alors présenté les exigences auxquelles les promoteurs doivent satisfaire, notamment sur le plan financier. La lecture du cahier des charges a permis au jeune homme de mesurer l’ampleur des investissements requis pour créer une télévision.
‘’Je lui ai dit d’ouvrir le cahier de charges, je lui ai montré les défis qui se posaient à lui. On a listé ensemble, et lui-même, il a lu un article où il était dit que, pour être patron d’un média audiovisuel, d’une télévision en particulier, il fallait 4 milliards. Je lui ai dit : si tu veux être patron, il faut que tu aies au minimum 4 milliards. Il a dit qu’il ne sera plus patron. Ça, c’est du vécu’’, a raconté Boubacar Yacine Diallo.
Il s’est insurgé contre la multiplication des médias créés par des personnes ne disposant pas de moyens qu’il juge insuffisants. ‘’Chaque journaliste est devenu aujourd’hui patron avec son téléphone simplement et sa connexion à Internet. Ce désordre doit s’arrêter. Il ne doit pas y avoir de complaisance’’, a-t-il insisté.
Boubacar Yacine Diallo a appelé les journalistes à prendre conscience qu’ils sont des ‘’acteurs clés’’ de la société. ‘’C’est eux qui décident de parler des gens, quel que soit leur niveau, et de dire ce qu’ils en pensent’’, a-t-il noté, tout en précisant ‘’la la loi leur en donne le droit, mais faudrait-il que ce droit soit accompagné de responsabilité, d’esprit de discernement, de retenue’’.
Aux yeux du président de la HAC, ‘’un journaliste doit être modeste, discret, mais il doit en même temps être exigeant et ferme quand il est face à l’actualité, comme un chirurgien quand il est en face d’un malade. Il a de la compassion, mais il déchire pour soigner. C’est ça le journalisme, ni plus, ni moins’’.
Pathé BAH, pour VisionGuinee.info
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