Face à la montée de la désinformation, des discours de haine, de la manipulation et de la cybercriminalité sur les réseaux sociaux, le ministre de la justice et des droits de l’homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a plaidé pour une régulation équilibrée de l’espace numérique. Il s’exprimait à l’occasion de la 12e Assemblée générale de la Plateforme des régulateurs de l’audiovisuel de l’espace UEMOA et de la Guinée, tenue à Conakry.
Présidant cette rencontre, qui a réuni les délégations de plusieurs pays de la sous-région, notamment du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Niger, du Sénégal, du Togo et du Tchad, en présence du président de la Haute autorité de la communication (HAC), Boubacar Yassine Diallo, le garde des sceaux a souligné les nouveaux défis auxquels les États sont confrontés face à l’évolution rapide des technologies numériques.
Selon lui, si les réseaux sociaux ont élargi l’accès à l’information et favorisé l’expression citoyenne, ils sont devenus des espaces où se développent de nombreuses menaces susceptibles de fragiliser la stabilité et la cohésion sociale.
‘’Les réseaux sociaux ont élargi l’accès à l’information, favorisé l’expression citoyenne et ouvert de nouvelles possibilités à notre jeunesse. Mais ils sont aussi devenus des vecteurs de désinformation, de discours de haine, de manipulation et de cybercriminalité. Avec l’intelligence artificielle et les hypertrucages, une fausse information peut désormais fragiliser la confiance publique, attiser les tensions et menacer la stabilité d’un pays’’, a déclaré Ibrahima Sory II Tounkara.
Pour le ministre de la justice, la cybersécurité dépasse désormais la seule dimension technique. Elle constitue également un enjeu majeur pour la souveraineté des États, la protection des droits des citoyens et la préservation de la cohésion sociale.
C’est dans cette perspective qu’il a insisté sur la nécessité de trouver un équilibre entre la lutte contre les abus dans l’espace numérique et la préservation des libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression.
‘’Notre responsabilité est de trouver le juste équilibre : protéger sans étouffer, réguler sans censurer et sanctionner les abus sans affaiblir la liberté d’expression. Cette liberté demeure fondamentale, mais elle ne saurait justifier l’appel à la violence, la manipulation organisée ou l’atteinte à la dignité humaine’’, a affirmé le garde des sceaux.
Poursuivant son intervention, Ibrahima Sory II Tounkara a relié les enjeux de régulation numérique à la transformation engagée en Guinée. Il a évoqué le programme Simandou 2040, présenté comme une vision de développement fondée sur la souveraineté, la diversification économique et la prospérité partagée.
Selon lui, cette ambition vise à transformer les ressources naturelles du pays en infrastructures, en établissements scolaires, en centres de santé, en emplois et en opportunités durables pour les jeunes générations.
‘’Notre ambition est claire : transformer les ressources naturelles de la Guinée en infrastructures, en écoles, en centres de santé, en emplois, en capacités technologiques et en perspectives durables pour la jeunesse’’, a-t-il indiqué.
Le ministre Tounkara a évoqué la transformation numérique de l’administration publique, à travers notamment la digitalisation de plusieurs procédures ainsi que le renforcement des capacités technologiques de l’État.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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