Un phénomène découvert récemment dans la sous-préfecture de Kamsar commence à inquiéter plus d’un. Des passeurs parviennent à embarquer des citoyens guinéens depuis cette côte du Kakandé vers une destination périlleuse.
Kamsar devient progressivement le nouveau point de départ de migrants vers l’Espagne. Il y a deux semaines, plusieursgGuinéens avaient été freinés alors qu’ils tentaient d’entamer une aventure en mer.
À Nouadhibou, en Mauritanie, une embarcation de 171 migrants a été interceptée, selon le président de la communauté guinéenne dans cette ville de l’ouest de la Mauritanie.
Inquiet de la situation, Mohamed Lamine Baro n’a pas mis du temps pour interpeller le général Mamadi Doumbouya, expliquant qu’à bord de cette pirogue, ‘’il y avait 171 migrants composés d’hommes et de femmes, dont 51 mineurs’’.
Qualifiant le phénomène de déplorable, il se dit dépassé par les événements. ‘’Les gens ne comprennent pas. Faire de la clandestinité, c’est quelque chose de très mauvais. C’est risquer leur vie, risquer la vie de ces enfants’’, souligne-t-il.
Il demande aux autorités guinéennes de ‘’nous aider et d’aider la population à freiner cette vague d’immigration. C’est un phénomène qui va coûter la vie à des populations guinéennes. Tout le monde devrait se donner la main’’.
Basé à Nouadhibou, il ajoute que ‘’cette vague de migration qui commence fatigue la population guinéenne ici. C’est une véritable difficulté qui nous guette alors qu’il y a déjà plusieurs populations qui sont là, des ressortissants guinéens, qui veulent rentrer dans le pays d’origine. Ils n’ont pas encore accès à la route pour rentrer. Pour quitter la Mauritanie, Nouadhibou précisément, aller à la frontière, il te faut la carte de résidence. Si tu ne l’as pas, même avec tes documents guinéens, tu ne pourras pas partir’’.
Il assure que ‘’c’est pour cette raison que nous avons organisé une campagne d’enregistrement à l’OIM. Cette campagne continue. On est sur le point, parce qu’il y avait une délégation qui était venue ici pour nous rencontrer et faire enregistrer les personnes qui veulent rentrer volontairement et leur procurer des laissez-passer. Donc, pour nous, on voudrait que ça aille vite pour les laissez-passer, pour qu’on puisse diminuer la population qui est là. Beaucoup veulent rentrer avec leurs familles. Ils ne veulent plus être à l’étranger ici, mais ils n’ont pas les moyens de sortir’’.
‘’Donc, si la vague de Kamsar aussi vient s’ajouter sur nous, ça devient catastrophique. Parce que moi, j’ai été à la base marine, mais ce que j’ai vu hier, ça m’a dépassé’’, déplore M. Baro.
Selon ses dires, dans ce camp de migrants où il s’est rendu, ‘’tous étaient presque des guinéens et ce qui me touche le plus, la majorité ce sont des enfants de moins de 3 ans’’.
Aux candidats de cette nouvelle route de la migration, Lamine Baro indique qu’ils ‘’ne vont pas atteindre l’Espagne. Parce que ce qu’il faut savoir, c’est qu’il faut contourner la Guinée-Bissau, le Sénégal, venir dévier la Mauritanie. Combien de bidons d’essence faut-il pour atteindre l’Espagne ? Combien de nourriture faut-il pour atteindre l’Espagne ? La dernière fois, une embarcation de 78 personnes avait été interceptée et parmi eux, 5 avaient perdu la vie’’.
Plaidant pour une implication des autorités guinéennes au plus haut niveau, Mohamed Lamine Baro assure que ‘’si l’affaire n’est pas freinée en Guinée, tous les jours ils vont venir. Quand ils vont venir, il y aura des morts. Ils ont fait 12 jours en mer, parce qu’ils ont quitté la Guinée le 2 juillet et sont arrivés ici le 14 juillet. Donc, 12 jours de voyage’’.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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