Morissanda Kouyaté : ‘’Certains guinéens sont allés jusqu’à prendre les armes pour venir attaquer leur propre pays en 1970’’

Lors d’une conférence de presse tenue jeudi, le ministre des affaires étrangères affirme que dès après-indépendance, la méfiance, les amalgames et les incompréhensions ont creusé un fossé entre les guinéens de l’intérieur et ceux vivant à l’extérieur du pays, tout en plaidant pour une nouvelle ère de réconciliation.

Le chef de la diplomatie guinéenne a replacé la question migratoire dans le contexte historique de la Guinée post-indépendance, évoquant les tensions héritées de cette période.

‘’La vie de nos compatriotes établis à l’étranger, pour les jeunes et pour les générations futures, doit être comprise à la lumière de notre histoire. La Guinée a été le premier pays francophone à se libérer de la colonisation et elle s’est engagée à aider d’autres nations africaines à en faire autant. Mais cette décision a entraîné des représailles : sabotage des infrastructures, retrait du système éducatif et volonté manifeste de ne pas laisser survivre la République de Guinée après son indépendance’’, a-t-il rappelé.

Poursuivant, il a soutenu que certains compatriotes opposés à l’indépendance avaient quitté le pays et contribué, selon lui, à fragiliser l’image de la Guinée à l’étranger.

‘’Il y avait quelques guinéens, ils n’étaient pas nombreux, qui se plaisaient dans la colonisation. Ceux-là n’ont pas supporté notre indépendance. Ils sont sortis de la Guinée, se sont installés dans des pays limitrophes et ont coalisé avec le néocolonialisme pour tenter de mettre la Guinée à genoux. Certains sont même allés jusqu’à prendre les armes pour venir attaquer leur propre pays en 1970’’, a-t-il affirmé.

Selon le ministre Kouyaté, ces événements ont affecté la perception des guinéens vivant hors du territoire national. ‘’Cette attitude a créé un amalgame dangereux. Pendant longtemps, lorsqu’un guinéen était à l’extérieur, il était considéré comme anti-guinéen. Le fossé s’est creusé entre les guinéens de l’extérieur et ceux de l’intérieur. Et ce fossé est resté pendant des décennies’’, a-t-il regretté.

Il affirme que les efforts engagés n’avaient pas permis de combler cette fracture, malgré l’intégration de nombreux cadres de la diaspora dans les gouvernements successifs. Le chef de la diplomatie a insisté sur la nécessité de dépasser les préjugés hérités du passé pour bâtir une relation apaisée avec les guinéens établis hors du pays.

‘’Nous devons sortir définitivement de cette logique de suspicion. Les guinéens établis à l’étranger ne sont pas des apatrides. Ce sont des fils et des filles de ce pays qui contribuent, chacun à sa manière, au rayonnement de la Guinée. Notre responsabilité aujourd’hui est de recréer la confiance et de faire en sorte que chaque guinéen, où qu’il se trouve, se sente pleinement concerné par l’avenir de la nation’’, a-t-il déclaré.

Il a assuré que des réformes sont en cours pour améliorer la prise en charge des compatriotes vivant à l’étranger. ‘’Le message est clair, il n’y a pas deux catégories de guinéens. Il y a une seule Guinée et un seul peuple. C’est dans cet esprit que nous travaillons avec détermination’’, a-t-il conclu.

Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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