Morissanda Kouyaté révèle : ‘’C’est le président Doumbouya et moi qui cherchons les guinéens en détresse sur les réseaux sociaux’’

Le ministre guinéen des affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, a réagi jeudi face aux critiques dont il fait l’objet sur les réseaux sociaux suite au rapatriement de ressortissants guinéens vivant en Allemagne. 

Le chef de la diplomatie guinéenne a rappelé les difficultés auxquelles faisaient face de nombreux guinéens de l’étranger avant l’arrivée du président Mamadi Doumbouya au pouvoir.

‘’Des guinéens n’avaient plus d’identité. Ils ne pouvaient plus rejoindre la mère patrie, leurs enfants ne pouvaient plus aller à l’école. Ils ne pouvaient plus renouveler leur contrat. Pourquoi ? Parce qu’ils n’avaient plus de passeport, les passeports avaient expiré. Et pour venir chercher un passeport, pour ceux qui en avaient les moyens, ce n’était pas moins de 3000 dollars, billet d’avion inclus’’, a-t-il expliqué, ajoutant que ‘’lorsqu’on vous enregistrait, les guinéens établis à l’étranger pouvaient attendre 2 ans. Certains étaient obligés de soudoyer les personnes. C’est devenu même un trafic’’.

Il affirme que c’est sur instruction du président Doumbouya que la situation a changé. ’’Le président a mis un principe sur lequel moi, je marche. Ce principe, il me l’a dit, il me l’a répété et je l’ai accepté. Il m’a dit : ‘Un guinéen qui a des problèmes à l’extérieur, c’est toute la nation guinéenne qui a ce problème’. C’est dans ce cadre que je travaille’’.

Revenant sur les images diffusées concernant les expulsions, Morissanda Kouyaté a tenu à préciser que ‘’je ne suis pas le ministre de l’action sociale, je ne suis pas le ministre de la santé, je suis le ministre des affaires étrangères’’.

Il a par la suite rappelé les actions menées depuis son arrivée à la tête du département en charge des affaires étrangères. ‘’Dès le départ, il y a dans ce département une cellule de crise chargée de prendre à bras le corps tout problème qui se poserait aux guinéens à l’extérieur’’.

‘’Nous avons été mis à l’épreuve. La guerre en Ukraine a aussitôt éclaté. La Guinée a été le premier pays à envoyer de l’argent à ses compatriotes, à ses citoyens, et à les exfiltrer avec ses maigres moyens’’, a-t-il révélé.

En Tunisie, a-t-il poursuivi, ‘’nos compatriotes ont été battus, molestés, blessés. Le président m’a dit : ‘Allez les chercher’. Je suis allé les chercher. Il y en a qui ont prié pour que l’avion tombe avec moi. Il y en a qui ont prié. Et quand je suis revenu, avec l’émotion, il y en a qui ont prié. Ils ont dit d’abord : cet avion n’est pas bon, il n’a qu’à monter là-dedans, il va tomber’. Je suis monté et j’aurais été un cadavre fier si l’avion était tombé avec moi, pour aller chercher nos compatriotes. Je l’ai fait au nom du chef de l’État, pour ce peuple, c’est moi qui l’ai fait, pour le président et pour le peuple de Guinée. Je suis allé. Ce n’est pas mon rôle de donner de l’argent aux gens. J’étais sous la neige, vous étiez là, vous l’avez vu’’.

Morissanda Kouyaté soutient que ‘’le président veut faire autrement, je veux faire autrement à ses côtés, c’est pourquoi nous avons fait cela (…). Les malédictions ont failli nous rattraper. Ceux qui étaient avec nous, l’avion a fait un bruit en l’air, le conseiller est là, on était tous prêts à mourir. Il est là, Alia. J’ai fait ça pour la Guinée et pour le président. Et je suis reparti, après cela, pour les Guinéens de l’extérieur’’.

Au Soudan, à l’en croire, ‘’la Guinée a été le premier pays à envoyer des cars pour aller sous les bombes, exfiltrer les guinéens et les amener en Égypte. Nous l’avons fait, le président, pour la Guinée et pour les guinéens. En Égypte, nos compatriotes qui sont là-bas, nous avons même payé les redevances pour les exfiltrer et les amener ici’’.

Il dit s’être opposé à l’expulsion de guinéens du Sénégal. ‘’Il y avait des attestations d’expulsion des Guinéens. On est venu jeter des guinéens à la frontière, nous avons dit non. Non, on ne le fera pas. Les Guinéens ne seront pas expulsés’’, a-t-il martelé.

Selon le chef de la diplomatie guinéenne, en Algérie, ‘’nous avons exfiltré nos compatriotes qui étaient dans le désert, dans la faim, dans la soif, dans le désespoir. Ils ont fait appel au président de la République. Le président a répondu positivement. Il m’a appelé pour me dire que j’ai trouvé des Guinéens. C’est lui et moi qui cherchions les guinéens en détresse sur les réseaux sociaux, le président et moi, sur les réseaux sociaux. C’est notre rôle, oui, c’est notre rôle, parce que nous voulons changer la Guinée, parce qu’il veut changer la Guinée et je veux le faire à ses côtés’’.

Malgré les critiques, le ministre des affaires étrangères se dit inébranlable. ‘’Il faut plus pour nous décourager. Mais même si on fait cent fois plus, on ne nous découragera pas’’, a-t-il lancé.

Illustrant sa détermination, il a pris l’exemple de la Gambie où, d’après lui, ‘’les guinéens payaient trois fois plus les redevances que toutes les autres nationalités. J’ai dit non, vous payerez comme les autres. Nous nous sommes imposés et ils ont payé comme les autres pays’’.

Il révèle avoir dit aux guinéens de la Gambie que ‘’même si vous êtes contre nous, notre gouvernement, même si vous nous insultez, même si vous complotez contre notre gouvernement, nous viendrons vous chercher et nous sommes à votre service’’.

Dr Kouyaté indique à ‘’ceux qui m’insultent, ceux qui insultent le président, le jour où ils auront un problème, nous irons les chercher parce que nous sommes à leur service”. 

‘’Ceux qui m’insultent aujourd’hui, ceux qui oublient ce qu’on a fait, ceux-là, s’ils ont un problème demain, sur instruction du chef de l’État, j’irai les chercher. Je le ferai pour la Guinée et pour le président et pour mes valeurs intrinsèques’’, a-t-il ajouté, avant de conclure : ‘’Moi, j’ai eu le prix Nelson Mandela parce que j’ai défendu l’humanité’’.

Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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