[dropcap]A[/dropcap]près un discours de 2 heures tenu devant les parlementaires, le Premier ministre Mohamed Saïd Fofana a omis le secteur culturel dans la politique générale de son gouvernement. Une attitude qui a provoqué un tollé chez les acteurs culturels qui se disent lésés par les autorités politiques du pays. Pour rectifier le tir, le Chef du gouvernement a reçu ce jeudi 03 juillet, les acteurs culturels à la primature. Ont pris part à cette rencontre, différents artistes, musiciens, humoristes, journalistes culturels…
La culture reléguée au dernier plan est considérée à tort comme de simples réjouissances à cause de la mauvaise lecture de la chose culturelle faite par les autorités pour certains hommes de culture à la recherche de l’introuvable et ce, dans le but de satisfaire leurs desseins, constate Aly Bongo Léno, Porte-parole de la délégation. Pour lui, l’heure de la reconnaissance des valeurs humaines est arrivée. Il est temps, dit-il, de restaurer l’identité culturelle de la Guinée, pionnière des indépendances et leader du processus de décolonisation en Afrique.
Après avoir écouté la délégation, le premier ministre a indiqué qu’on ne peut pas créer un département ministériel et l’ignorer. ‘’C’est une erreur de compilation, le ministère de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance, et celui de la culture n’étaient pas dans le discours de politique générale’’, s’est défendu Mohamed Saïd Fofana, qui dit avoir reçu le discours au Palais du peuple au moment de passer son grand oral.
Poursuivant, le chef du gouvernement a reconnu que le secteur de la culture a été marginalisé et délaissé par les autorités pendant plusieurs années. Pourtant, admet-t-il, il n’y a pas de peuple sans culture, ni de civilisation sans culture, tout en rappelant que les programmes de développement économique doivent toujours avoir un ressort culturel.
‘’A l’arrivée des nouvelles autorités, il fallait faire de l’arbitraire à cause des nombreuses priorités et la faiblesse de ressources financières’’, indique le premier ministre qui compare la Guinée à un père qui se réveille le matin et qui n’a rien à donner à sa famille. Le hic, explique-t-il, est que ce père de famille a perdu sa crédibilité auprès des créanciers qui lui réclament sans cesse les dettes antérieures.
Selon le constat de Saïd Fofana, ‘’la Guinée a perdu ses repères culturelles en laissant la promotion du secteur de la culture à des opérateurs privés. Les danses, la musique, la mode (…) diffusées par les médias ne reflètent pas les valeurs culturelles de notre pays. si vous voulez voir un bon joueur de balafon, il faut aller au Japon. On perd nos valeurs en valorisant celles des autres’’, déplore le Chef du gouvernement qui annonce dans la foulée qu’une mission sera déployée dans les prochains mois pour recenser le patrimoine culturel de la Guinée. ‘’Malheureusement, révèle-t-il, la Guinée n’avait même pas de plan stratégique de développement de la culture. Ce n’est que ce jeudi (3 juillet, Ndlr) que les cadres du ministère de la culture et du patrimoine historique m’ont déposé à mon bureau’’, conclut le Chef du gouvernement.
Ciré BALDE, pour VisionGuinee.Info
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