En Afrique, nous accusons souvent l’Occident d’être responsable du manque de bonne gouvernance qui caractérise notre continent. Cependant, à regarder de près l’histoire du demi-siècle depuis la vague des Indépendances en Afrique, nous pouvons certainement trouver les raisons substantielles d’une partie de nos échecs dans la conduite de nos élites politiques et militaires.
Les données de la mauvaise gestion de nos pays sont au grand jour, visible par tout observateur neutre. Je pense que des vestiges de la colonisation, le plus grand fléau qui nous a été légué par les colons est d’avoir érigé des armées, copiées sur le modèle Européen, en Afrique.
Dans le continent africain, être militaire est plus important qu’être médecin, sage-femme, infirmière, avocat, ingénieur, enseignant, agriculteur ou professeur. Sur les 486[1] coups d’État réussis ou ratés depuis 1950 jusqu’en l’an 2000 dans le monde entier, l’Afrique est en première place avec 44%, suivie de l’Amérique Latine à 30%, (le tableau ci-dessous ne reflète pas les tentatives récentes en Guinée, au Mali, au Burkina Faso, au Soudan, au Niger, au Tchad, au Zimbabwe, en Guinée-Bissau, Sierra-Leone et Madagascar pour ne citer que cela), selon les données de Jonathan Powell et Clayton Thyne.
- Nous continuons à glisser inexorablement dans l’abysse. Depuis le vaillant effort de nos parents et leur détermination à être maîtres de leur destin, nous continuons à jeter par-dessus bord le sacrifice consenti par les Guinéennes et Guinéens qui ont voté massivement pour l’Indépendance. Nous dévorons nos meilleurs enfants, comme la mère sorcière. Nous refusons de faire face à la réalité de notre pauvre pays qui tire le diable par la queue.
Allons-nous avoir le courage de nous regarder en face ? De reconnaître notre échec collectif ? La pauvreté endémique qui affecte notre pays ? Une Guinée qui est dotée de toutes les immenses ressources naturelles et humaines qui est au bas de l’échelle dans la sous-région selon tous les indices économiques et politiques ?
A un an de la fin de la transition, nous continuons à faire la chasse aux sorcières. Allons-nous sérieusement continuer à vilipender certaines de nos communautés ? Sacrifier l ‘avenir de nos enfants ? Détruire le peu que nos voisins de quartier à Kagbelen, Coyah, Nabaya ou Yomou ont pu accomplir par leur effort herculéen de travailler assidument, honnêtement et guidé par leur foi divine ?
Nous pouvons faire mieux que ça ! Changeons nos positions rigides. Mettons-nous à l’écoute de notre réalité désuète. Notre pays mérite mieux. Le CNRD doit ouvrir la porte pour toutes les composantes de la nation, pour écouter et entendre nos compatriotes qui confrontent des difficultés quotidiennes de faire face à leur responsabilités de mères et pères de famille. Au lieu de nous acharner contre la presse et essayer de limiter l’accès à l’information, nous devrions plutôt ouvrir et élargir le cercle et ajouter les participants à notre conversation Nationale. Le pays en a besoin. Notre réussite collective en dépend. La Guinée avant tout.
Comme le disait mon maître en troisième année de l’école primaire, Monsieur Oumar Sy : « A bon entendeur, Salut ! »
Pour unie Guinée et Prospère.
Prêt à Servir pas se Servir !
Dr Abdoulaye Bah
Professeur d’Université aux États Unis, Ret.
Ancien chef de Chaire du Département des Sciences Sociales et Comportementales
Directeur, Centre pour la santé Comportementale et la Résilience
Université de Lincoln
Jefferson City, Missouri USA
Columbia, MO USA
[1] https://jonathanmpowell.com/coups/