Ce mardi, dans le cadre du procès du massacre du 28 septembre, Oumar Dioubaté ,médecin de profession est à la barre pour raconter comment il a perdu sa mère le jour du meeting au stade Conakry. Dans sa narration, il est revenu sur la découverte du corps de sa génitrice à la morgue d’Ignace Deen et sa restitution à la mosquée Fayçal.
‘’Dans ces conditions, on ne pouvait pas du tout parler d’autopsie (…). Les corps commençaient à sentir, il y avait des odeurs aux alentours. Car, les évènements se sont produits le lundi 28 septembre et nous, nous avons eu accès à la morgue que le mercredi (…). Quand je suis arrivé, il y avait deux camarades de promotion à la rentrée. Quand on m’a demandé ce que je suis venu faire, j’ai dit que ma maman est sortie depuis le lundi. C’est l’une de mes camarades qui m’a aidé à aller voir les corps’’, se souvient Oumar Dioubaté.
Devant les juges, il a expliqué les raisons de la colère des proches des victimes lors de la restitution de certains corps. ‘’A la mosquée Fayçal, pendant la restitution des corps, il y a eu des remous. Certains disaient qu’ils ont perdu 7 membres de leurs familles et ils n’ont pas retrouvé leurs corps. Les corps étaient vraiment mal entretenus. C’est ce qui a amené les gens à être mal à l’aise’’, témoigne-t-il.
A la question de savoir s’il a obtenu des documents certifiant la restitution du corps de sa maman, il répond qu’il est possession du certificat de décès.
Quant à la non-réalisation de l’autopsie, il dira : ‘’Je suis allé deux fois à Ignace Deen, mais ce n’était pas facile. Quand j’ai insisté, on m’a dit de laisser ce problème sinon moi-même je vais partir. C’est ce qu’on me disait là-bas. Sinon je suis allé là-bas deux fois. Ils m’ont dit que le problème est plus grand que moi, de laisser tomber. Ce sont les médecins qui y était, qui me l’ont dit (…). Quand j’ai vu qu’il n’y a plus de portes à taper, j’ai décidé de laisser pour moi à Dieu’’.
Dans cette affaire, il assure que sa famille veut ‘’la justice et l’indemnisation. Même là où je suis arrêté ici c’est avec le courage que je parle. Quand je pense à cela, j’ai du mal à trouver les mots. Notre papa est décédé depuis 1996, c’est ma mère qui prenait la famille en charge. Mon frère ne travaille pas, c’est moi qui travaille. Et nous sommes 4 enfants’’.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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