Comment avons-nous pu en arriver à accepter l’idée que la politique ne serait rien d’autre que l’art de mentir et de tromper le peuple ? Comment avons-nous pu, collectivement, fermer les yeux, les esprits, les cœurs et même la raison au point de croire à cette imposture ?
La politique, dans son essence la plus noble, est l’art de bâtir, de servir, de protéger et d’élever la communauté. Mais à force de complaisance, de résignation et de renoncements, nous avons laissé s’installer l’idée qu’elle serait synonyme de ruse, de duplicité et de manipulation. Et de ce fait, nous avons souvent confié notre destin non pas aux plus courageux ni aux plus compétents, mais aux plus serviles, aux plus habiles dans l’art de flatter et de tromper.
Alors, demandons-nous : avons-nous obéi à nos ennemis ? Avons-nous renoncé à nos valeurs au point de faire du mensonge un critère de réussite politique ? Si tel est le cas, alors nous avons trahi l’esprit même de la République et les sacrifices de ceux qui ont lutté pour elle.
Il est temps de briser ce cercle vicieux. Il est temps de rappeler que la politique n’est pas le terrain du cynisme, mais le lieu de la responsabilité. Qu’elle n’est pas le refuge de l’imposture, mais l’espace de la vérité et de la justice.
Nous devons refuser le mensonge comme norme. Nous devons exiger de ceux qui aspirent à gouverner qu’ils parlent vrai, qu’ils agissent juste et qu’ils servent réellement le bien commun. Car une Nation ne peut se construire durablement sur la ruse et la tromperie ; elle ne peut s’élever que sur la confiance et la sincérité.
La Guinée ne doit plus être l’otage de la duperie. Elle doit redevenir la patrie de la vérité, de la justice et de la dignité. Cela dépend de nous, citoyens. De notre exigence. De notre courage. Et de notre refus de nous laisser manipuler.
Boubacar Dieng