Ce mercredi 22 avril, Jean Akoï Guilavogui, mécanicien de 25 ans, a comparu devant le tribunal de première instance de Coyah pour des faits de viol sur sa nièce, Jeanne Mafila Guilavogui, âgée de 11 ans au moment des faits. Les actes reprochés remontent au 13 janvier 2025, lorsqu’il a abusé de l’enfant au domicile familial.
Lors de la phase des plaidoiries et réquisitions, le procureur Moustapha Mariama Diallo est revenu sur la scène du viol avant de requérir la condamnation de l’accusé.
“Une nuit, la victime rentre dans le salon où le prévenu dormait nu. Quand la fille a allumé l’ampoule, il a profité de l’occasion pour dire : ‘Comme tu m’as vu nu, tu dois te déshabiller pour que je te vois nue, sinon je vais le dire à mon grand frère’. Innocente, cette dernière s’est déshabillée, et il a profité pour coucher avec la fille au salon. Après, il a menacé la jeune fille de ne pas révéler cette information. Et elle s’est tue. C’est à l’école qu’ils ont su ce qui s’était passé. Conduite dans un service médical, elle a été examinée et effectivement Jean Akoï l’avait pénétrée. Il a finalement été interpellé et conduit à la gendarmerie”, relate-t-il.
Pour la réquisition, le procureur a demandé au juge “de le retenir dans les liens de la culpabilité, de le déclarer convaincu et coupable du crime de viol sur une mineure en application des dispositions de l’article 278 du code pénal, 818 du code de l’enfance. Pour la répression, vous lui ferez application des mêmes dispositions en le condamnant à une réclusion criminelle de 15 ans”.
Il estime qu’en le condamnant à une telle peine, le juge Morlaye Soumah aura rendu un grand service à la société.
“Si vous prenez une telle décision, vous assortirez cette peine d’une période de sûreté de 10 ans. C’est une manière de sécuriser cette société, de protéger les enfants des gens. Beaucoup de cas de viol sont dissimulés dans les quartiers. Mais ça pourra servir de leçon pour que de tels comportements ne soient pas tolérés. Et le fait que la partie civile ait abandonné à travers un acte de désistement n’éteint pas l’action publique. C’est de notre responsabilité de moraliser cette violence”, assure-t-il.
Pour sa part, l’avocat de la défense, Maître Abdoulaye Keita, a plaidé coupable pour son client et a demandé au tribunal de le condamner au temps mis. Car, selon lui, le détenu a reconnu les faits sans ambages lors de l’enquête préliminaire, devant les juges d’instruction et le tribunal.
“Jean Guilavogui est un client de bonne foi. Il a été constant du début jusqu’aujourd’hui. Au moment où je plaide, je suis content de mon client parce qu’il a dit la vérité du début jusqu’à la fin. Je plaide coupable parce qu’il a reconnu les faits de l’enquête préliminaire jusqu’à maintenant”, souligne l’avocat.
Il a sollicité “l’application de l’article 116 du code pénal guinéen pour avoir des circonstances atténuantes, et l’application de l’article 25 pour la restauration, protéger Akoï, et l’application de l’article 533. Le ministère public demande de le condamner à 15 ans, c’est trop. Condamnez-le au temps mis. En le faisant, vous avez joué un rôle extrêmement important à l’égard d’Akoï”.
Prenant la parole pour la dernière fois, l’accusé, en larmes, a demandé la clémence du tribunal.
Après la fin des débats, le juge Morlaye Soumah a condamné Jean Akoï Guilavogui à 5 ans de détention criminelle.
“Contradictoirement en matière criminelle et en premier ressort, après en avoir délibéré sur l’action publique, déclare Jean Akoï Guilavogui coupable du crime de viol sur mineure dont il est accusé. Pour la répression, lui faisant application des dispositions des articles 216, 206 du code pénal et 441 et 497 du code de procédure pénale, le condamne à cinq (5) ans de détention criminelle, constate le désistement de la partie civile et condamne Akoï Guilavogui aux frais et dépens envers l’État”, a déclaré Morlaye Soumah.
L’accusé a 15 jours pour relever appel de cette décision de justice.
Djiwo BARRY, pour VisionGuinee.Info
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