Primes, motivation des joueurs, défaite du Syli face à l’Ouganda : le ministre Bogola brise le silence, appelle à la volonté et au patriotisme

Après la défaite du Syli sur le score de 3 buts à 0, des rumeurs persistantes font état de boycott de joueurs faute de paiement de primes. Au micro de VisionGuinee, le ministre des sports donne sa version. Pour Bogola Haba, les primes des joueurs sont déjà payées.

VisionGuinee : Après la victoire face au Niger, le Syli national de Guinée vient d’être corrigé par l’Ouganda. Comment analysez-vous cette situation ?

Bogola Haba : La première des choses, c’est d’abord d’encourager les jeunes, de les féliciter, et d’encourager aussi tous ceux qui sont aujourd’hui en Ouganda, par rapport aux résultats que nous sommes en train d’engager. D’abord, nous avons le premier résultat, qui est le résultat sur l’image, la réputation de nos supporters. On les a vus, leur engagement, les journalistes qui font des publications. Donc, nous avons eu une première victoire qui nous a permis de sourire, de danser.

Mais les joueurs ont joué devant un public auquel ils ne sont pas habitués. Comme nous le disons tout le temps, notre championnat se joue dans des terrains vides. Ce sont des jeunes qui jouent absolument sans supporters, les terrains sont complètement vides.

Maintenant, imaginez un terrain de plus de 40 000 places, qui était plein à craquer. Pour beaucoup de ces jeunes, c’est la toute première fois qu’ils jouent devant un tel public. Même les matchs amicaux qu’ils ont disputés, c’était dans des terrains vides.

Donc, c’est la première fois de leur histoire, je crois, pour tous ces jeunes-là, de jouer dans un terrain aussi rempli et devant un tel public. Il faut comprendre cela. Mais malgré cela, ils ont montré de la vivacité, ils ont montré évidemment la volonté de pouvoir faire face à cela. C’est important de les encourager, c’est important de les féliciter.

Des rumeurs persistantes font état de mécontents au sein de l’équipe, faute de non-paiement des primes. D’où la non-organisation de séances de récupération aujourd’hui. Qu’en pensez-vous ?

Les joueurs sont bien nourris, ils mangent bien. La logistique ne leur manque pas. Vous avez le soutien d’un public. On les a préparés. Les journalistes les couvrent, et tout. Je ne peux pas penser qu’il y a un autre élément qui puisse les pousser à ne pas jouer. Non ! C’est un repos qui était prévu.

Nous avons dit la dernière fois qu’il ne faut pas mettre sur les enfants ces questions de primes, parce que c’est un privilège pour eux d’être déjà là pour représenter leur pays. Ce qu’il faut, ce sont les conditions pour leurs prestations. Leurs équipements sont mis en place.

Les primes sont des revenus, des épargnes qu’ils peuvent avoir. Cette fois-ci, il a été décidé que chacun soit payé directement par des cartes Visa. Je crois qu’ils ont tous obtenu leurs cartes Visa.

Pour ceux qui avaient déjà joué le match de qualification à Abidjan, et autres, après, ils ont eu le virement avec les cartes Visa. Ça va continuer aussi pour les primes de cette compétition. Ce ne sont pas les primes, ce sont les éléments de performance qui les font jouer. Pour le moment, jusqu’à preuve du contraire, je ne pense pas qu’il y ait un joueur qui va dire qu’il n’a pas de primes.

S’ils ont perdu, il n’y a aucun lien. Je ne pense pas que ce soit un problème.

Quel message à leur endroit dans cette phase ?

Que ce soit les supporters, les journalistes, l’encadrement, nous demandons d’arrêter cette question des primes. On a toujours fait cela dans le football en Guinée. On trouve toujours des alibis. Ça fait qu’on ne peut pas résoudre les vrais problèmes. Quels que soient les millions que nous allons payer aux uns et aux autres, si nous n’avons pas la volonté, le patriotisme, la conviction de gagner, ce sera très difficile de gagner.

Le travail, il faut le construire. C’est ce que nous avons commencé à faire avec le championnat, à faire avec l’ensemble pour effectuer de bonnes détections. Mais aussi, il faut qu’on soit habitué au grand public dans les terrains.

En Guinée, même les derbies se jouent dans un terrain complètement vide. Ils vont dans les grandes compétitions où les terrains sont remplis avec 40 000, 50 000 places. Et j’avoue que c’est un autre manquement que nous aurons aussi dans la formation de nos jeunes.

Ils peuvent être vraiment engagés, mais il faut qu’ils soient aussi habitués à ce public-là. Les autres, comme l’Algérie, quand ils ont joué, ils n’étaient pas influencés par le public. Parce qu’en Algérie, quand ils jouent dans leur championnat, les terrains sont remplis à craquer.

L’Afrique du Sud, c’est la même chose. Quel que soit le public que l’organisateur va mettre là-bas, les équipes qui sont habituées à ce grand public ne seront pas impactées. Mais des équipes comme la Guinée, où les enfants passent toute l’année à jouer sans public, c’est autre chose. Donc, il faut aussi comprendre que le public peut avoir de l’impact sur eux.

Selon vous, cette situation n’a rien à voir avec les primes ?

Les primes, c’est la dernière partie à traiter dans les dépenses de l’État. La première partie qu’on traite, c’est d’abord permettre à l’équipe d’être présente et d’avoir la logistique. Les primes se traitent généralement en dernière position dans le circuit financier, parce que ce n’est pas considéré comme un élément obligatoire. Ce ne sont pas des salaires, comme on le dit, et personne ne peut dire que pour des primes, je ne vais pas faire mon travail, surtout que l’État paye toujours. Les paiements ne seront faits que par virements cette fois-ci. Toutes les conditions, toutes les démarches sont faites.

Les autorisations sont données pour que la semaine prochaine, ceux qui sont en retard puissent avoir des primes de victoire sur le dernier match. Et ça, ce sera directement sur les cartes Visa par virements bancaires. Et ça, c’est une innovation extrêmement importante.

Par Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info

00224 622 98 97 11/ boussouriou.bah@visionguinee.info

Comments (0)
Add Comment