Procès du 28 septembre, les avocats réclament leur argent à l’Etat : ‘’Nous n’avons pas reçu un seul iota jusqu’à maintenant’’

A peine ouvert ce lundi, la 66 ème audience du procès du 28 septembre s’est vu suspendre à la demande des avocats. Les hommes en robe noire, par la voix de Maître Paul Yomba Kourouma, ont sollicité un temps pour régler des questions pécuniaires avec l’Etat

‘’La défense, toutes tendances confondues, la partie civile jointe, a bien voulu accompagner l’Etat guinéen jusqu’à ce point pour montrer d’abord que notre magistrature est compétente en toute matière. La défense a agréé le parquet, notre adversaire. Vousn les juges, on a bien voulu reconnaître vos talents, vos habitudes, vos habiletés et tout ce que vous faites pour le respect de l’homme et de ses droits. Mais il y a une facette des droits de la défense qui est ignorée et que l’Etat ne nous pardone pas. Il ne nous pardonne pas les impôts, les charges. Il ne nous pardonne rien. Je crois que nous sommes négligés, nous sommes des damnés de la terre. Beaucoup d’avocats se voient même aujourd’hui retirer les dossiers par leurs clients parce qu’ils se disent c’est le procès du 28 septembre qui nous importe’’, a expliqué l’homme de droit.

Avant de poursuivre : ‘’Nous avons voulu parler avec l’Etat, avec le ministère de la justice en privé dans le tout le respect. Monsieur le président, nous sommes tous les partenaires du temple, mais nous n’avons pas tous les mêmes regards de l’Etat et même avec l’architecture du tribunal, nous sommes en bas et il faut que l’on tienne compte de ce partenaire là, qui est dans la boue, c’est-à-dire embourbé avec ceux qui sont là. Autant, qu’ils sont accusés, nous le sommes. Si nous pouvons sortir la tête jusqu’au niveau des épaules pour vous parler et voir qui doit sortir ou pas’’.

Me Yomba Kourouma a indiqué au juge audiencier que ‘’nous vous demandons, qu’il vous plaise Monsieur le président, d’accepter la suspension de l’audience pour que vous voyons sur quels pas il faut marcher, ce que pense l’Etat de nous. C’est une prière et je crois que quelle que soit la suite que vous nous donnerez, que nous garderons toujours de vous un souvenir reconnaissant’’.

Le magistrat Ibrahima Sory II Tounkara, qui semblait un peu perdu dans la narration de l’avocat de Toumba Diakité, a souhaité savoir les raisons que la requête des avocats. Pour répondre, l’avocat de Toumba Diakité a répondu que ‘’nous n’avions pas voulu le dégager parce que nous ne voulions pas faire honte à notre Etat, à sa souveraineté et à tous les gages qu’il a donnés quant à la tenue de ce procès sur toutes les facettes’’.

‘’Pour les magistrats sont là, les finances, tout est dégagé. Notre budget, nous ne l’avons pas. Puisque l’Etat est obligé, il doit le faire. Il doit nous payer. Nous n’avons pas réçu un seul iota jusqu’à maintenant, pas un seul’’, se lâche l’homme de droit.

Concernant le temps que durera la suspension du procès, il affirme que ‘’le temps de la bonne foi de l’Etat, du ministère de la justice, le temps de la concertation que nous aurons et le temps du retour que nous aurons. Votre bonne foi, n’est pas mise en cause. Votre présence suffit’’.

Le ministère public a dit avoir suivi avec ‘’beaucoup d’attention l’intervention de me Yomba, au nom de tous les autres avocats ici présents. Même s’il n’a pas été assez explicite parce que nous pratiquement, on n’a pas compris. Nais nous sommes en train de dire que dans son intervention, il s’agit de questions administratives, de questions qui ne relèvent pas nous, de notre compétence et puisqu’il a dit que c’est toute la défense confondue ainsi que les avocats de la partie civile, nous ne trouvons pas à redire pourvu que la suspension ne dure pas’’.

Maître Alpha Amadou DS Bah, au nom de la partie civile, soutient que ‘’le principe de la suspension, mais je suis au regret de constater que Maître Paul Yomba Kourouma a tenu quand même à exposer les motifs de notre réunion qui va se faire tout de suite’’.

‘’En ce qui me concerne, je demande la suspension pour que les avocats se retrouvent, parce que rien n’a été décidé pour le moment. C’est à l’issue de notre réunion qu’une décision sera prise. Moi je suis pour la suspension pour au maximum une heure, pas toute la journée ou les audiences’’, précise-t-il.

Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info

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