Ramadan et Carême : l’Etat et le secteur privé s’accordent pour plafonner les prix des denrées essentielles

À la veille du mois saint de Ramadan et du Carême, l’État guinéen et les acteurs du secteur privé ont signé un accord majeur pour contenir la flambée des prix. À travers ce protocole d’accord, les autorités visent à garantir l’approvisionnement du marché national et à encadrer les prix des denrées de première nécessité, afin de soulager le pouvoir d’achat des ménages à travers tout le pays.

Cet engagement a été formalisé par la signature d’un protocole d’accord entre la Direction générale des douanes, la Chambre de commerce, d’industrie et d’artisanat de Guinée, et la Direction nationale du commerce intérieur et de la concurrence. L’accord couvre la période du 17 février au 30 juin 2026, incluant le Ramadan et le Carême, avec pour objectif principal la stabilisation des prix des produits de grande consommation sur le marché guinéen.

À Conakry, le riz 5 % de brisure (sac de 50 kg) ne doit pas excéder 280 000 GNF. Les autorités appellent la population à être vigilante et à signaler systématiquement toute infraction.

‘’Dès lors que des prix sont appliqués au-dessus, ne serait-ce que de 100 francs, cela constitue une infraction. Nous invitons l’ensemble de la population à signaler les lieux de commerce qui ne respectent pas ces prix plafonds’’, a insisté le directeur national du commerce intérieur.
Pour faciliter les signalements, un numéro vert est mis à disposition des consommateurs.

‘’Vous pouvez appeler gratuitement le 142. Même sans révéler votre identité, il suffit d’indiquer la boutique concernée et sa localisation. Nos agents assermentés interviendront pour contrôler, constater et réprimer si nécessaire. C’est par cette action collégiale que nous pourrons protéger efficacement ce protocole’’, a ajouté Mohamed Traoré.

Une liste élargie de produits concernés

Outre le riz, plusieurs produits de grande consommation sont concernés par les prix plafonds, avec parfois des baisses par rapport à l’ancien protocole. Le riz blanc avec 25 % de brisure (50 kg) est désormais plafonné à 260 000 GNF, une réduction par rapport à son prix précédent de 270 000 GNF. De même, le prix du riz étuvé 5 % de brisure (25 kg) est fixé à 140 000 GNF. D’autres produits tels que la farine (50 kg) se maintiennent à 360 000 GNF, le sucre (50 kg) à 350 000 GNF et l’huile végétale (20 litres) à 305 000 GNF. L’oignon (25 kg), quant à lui, connaît une légère baisse, passant de 290 000 GNF à 270 000 GNF.

Par ailleurs, plusieurs produits nouveaux et autres produits alimentaires connaissent aussi des ajustements. Le lait en poudre est plafonné à 980 000 GNF pour 25 kg, tandis que le prix du poulet entier (carton de 10 kg) est fixé à 310 000 GNF, et la cuisse de poulet (10 kg) à 220 000 GNF. Ces révisions tarifaires visent à rendre certains produits plus accessibles tout en régulant les prix de base pour les consommateurs.

Les autorités rappellent que ces montants sont des prix maximums, qui ne doivent sous aucun prétexte être dépassés.

Des prix différenciés, selon les préfectures

Le protocole prend également en compte les réalités territoriales. Les prix du riz de 50 kg varient selon les préfectures, de 280 000 GNF à Conakry jusqu’à 321 000 GNF à Yomou, en passant par Kindia, Labé, Kankan, N’Zérékoré, et Boké.

‘’Personne ne doit fixer un prix au-dessus de ceux arrêtés pour sa préfecture. Ce sont des plafonds nationaux, clairs et précis’’, a souligné le directeur national du commerce intérieur.

Après la signature de l’accord le 16 février 2026, place désormais à la vulgarisation. Une première rencontre s’est tenue à Matam, avant un déploiement national.

‘’Les tableaux de prix seront partagés avec tous les présidents régionaux et préfectoraux de la Chambre de commerce. En collaboration avec les préfets, les directions préfectorales du commerce et les radios locales, l’information sera relayée dans tout le pays. Ce protocole n’est pas réservé à Conakry, il concerne toute la Guinée’’, a expliqué un responsable consulaire.

Les acteurs du secteur privé saluent les efforts consentis par l’État, notamment la levée temporaire de certaines surcharges et la facilitation de la libre circulation des marchandises.

Salimatou BALDE pour VisionGuinee.Info
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