A l’approche de la rentrée scolaire, le rapprochement entre les différentes composantes du mouvement syndical de l’éducation guinéenne intrigue. Longtemps marquées par des divergences, les organisations représentées notamment par Michel Pépé Balamou et Aboubacar Soumah affichent désormais une position commune suite à la campagne de recrutement des enseignants annoncée par les autorités. Une nouvelle posture qui soulève des interrogations.
La posture des différentes composantes syndicales interpelle plus d’un à l’approche de la rentrée scolaire. En maintenant la pression autour de revendications qu’elles considèrent comme non satisfaites et en laissant planer la menace d’un mouvement social, les organisations syndicales nourrissent les interrogations sur les conditions dans lesquelles pourrait se dérouler la rentrée.
Pour comprendre les enjeux, il convient toutefois de revenir aux engagements pris dans le protocole d’accord signé le 3 janvier 2026. Son article 7 précise les dispositions relatives aux contractuels ayant participé aux opérations de biométrie et aux évaluations en pratique de classe, ainsi qu’aux contractuels de Conakry.
Ce que dit l’article 7
L’article 7 prévoit la mise en place d’une commission composée de représentants du ministère en charge de la Fonction publique, du ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Intersyndicale de l’Éducation, à travers la FSPE, le SLECG et le SNE.
Cette instance doit recevoir et examiner les listes des contractuels ayant effectué la biométrie et participé aux évaluations en pratique de classe. Les listes doivent être remontées par les DPE et les DCE et leur traitement ne doit pas dépasser deux mois à compter de la mise en place de la commission.
Le texte précise que ‘’la situation des enseignants ayant obtenu la moyenne à cette évaluation sera mise en priorité au prochain engagement’’.
En ce qui concerne les contractuels de Conakry, le protocole prévoit que‘’conformément aux stipulations du protocole d’accord signé le 02 décembre 2025, les parties invitent les intéressés à se préparer pour les prochains concours/pratique de classe au compte de l’enseignement pré-universitaire pour lesquels ils seront prioritaires à l’enregistrement’’.
Le même article précise le traitement réservé aux enseignants ayant obtenu la moyenne à l’évaluation, ainsi qu’aux contractuels de Conakry, appelés à se préparer aux prochains concours ou à la pratique de classe.
Une priorité qui ne vaut pas exemption de concours
Le protocole d’accord ne prévoit à aucun moment une exemption de concours ni une intégration automatique dans la Fonction publique. La « priorité » accordée à certains contractuels renvoie à un traitement préférentiel dans le processus d’engagement ou d’enregistrement, sans pour autant constituer une dispense des épreuves de sélection.
C’est précisément sur ce point que se cristallise le désaccord avec l’Intersyndicale. En faisant de cette disposition un argument contre la tenue du concours, celle-ci semble adopter une lecture qui s’écarte de l’esprit et de la lettre de l’article 7, au risque de transformer une revendication liée au traitement des contractuels en contestation du processus de recrutement lui-même.
Le gouvernement honore ses engagements
Du côté du gouvernement, plusieurs engagements ont été honorés dans le cadre du dialogue avec les partenaires sociaux, notamment la revalorisation des primes de préparation, de craie et de documentation, la révision des indemnités de transport et de logement, ainsi que l’instauration de la couverture médicale pour les agents publics.
Une source, proche du dossier, réaffirme la position des autorités en assurant que ‘’le concours aura bel et bien lieu. À ce jour, l’ensemble des points des protocoles d’accord est scrupuleusement respecté, et les chantiers restants poursuivent leur cours normal. Il en va de la responsabilité de l’État et de la rigueur administrative’’.
Face à la menace de grève des syndicalistes, le gouvernement entend maintenir sa position sur le recrutement et poursuivre les réformes engagées dans le secteur éducatif, sans revenir sur les principes qui encadrent l’accès à la Fonction publique.
Ciré BALDE, pour VisionGuinee.info
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