Vous votez OUI au référendum du 21 septembre 2025 ? Voici ce que cela implique : une responsabilité historique à ne pas banaliser
Citoyennes, citoyens,
Dans quelques jours, la Guinée est appelée à se prononcer sur un projet de Constitution. Certains voteront NON, d’autres OUI. C’est le jeu démocratique. Mais le choix du OUI, souvent présenté à tort comme un acte de « stabilité » ou de « réalisme », engage bien plus que vous ne le pensez.
- En votant OUI, vous validez une transition sans repères
Vous donnez un blanc-seing à un régime militaire qui a promis une transition de courte durée, mais qui s’installe progressivement dans la durée. Vous acceptez qu’aucune élection présidentielle n’ait encore eu lieu, et que le pouvoir reste concentré entre les mains d’hommes non élus, sans contre-pouvoirs. Est-ce cela la démocratie que vous voulez léguer à vos enfants ?
- Vous légitimez un texte sans consensus
Le projet soumis n’est ni inclusif, ni largement débattu. De nombreux partis politiques, syndicats, acteurs de la société civile et juristes indépendants n’ont pas été associés à son élaboration. Dire OUI à ce texte, c’est cautionner l’exclusion, la précipitation et la confiscation du débat public
- Vous cautionnez une rupture avec les engagements régionaux
La CEDEAO, à travers ses protocoles, proscrit toute tentative de prolongation de transition militaire par des voies détournées, notamment à travers des référendums constitutionnels. En votant OUI, vous vous mettez à dos les instruments de protection démocratique régionaux, et vous isolez la Guinée sur le plan diplomatique.
- Vous prenez part à une erreur historique
Ce référendum pourrait devenir le point de départ d’une crise durable. Il n’y a pas de démocratie durable sans alternance crédible, ni de paix sans justice. Les peuples ne sont pas dupes : on ne les berne pas éternellement avec des promesses vides. Un OUI aujourd’hui pourrait être la cause d’un NON massif demain – dans la rue.
– Qui a écrit cette Constitution ? Au nom de qui ? Pour servir quels intérêts ? Et surtout : au prix de quel avenir pour notre pays ?
La Guinée n’a pas besoin d’une Constitution de transition éternelle. Elle a besoin d’une Constitution de rupture, de transparence, d’alternance et de démocratie.
Refuser le projet actuel, c’est faire preuve de courage. Voter NON, c’est croire en une Guinée meilleure.
Le 21 septembre, ne donnez pas votre voix pour valider l’oubli, la peur et la résignation. Donnez votre voix pour exiger la vérité, le respect et la justice.
Votez NON. Pour la Guinée. Pour l’Histoire.
Par Boubacar Dieng