A l’occasion de l’inauguration du siège des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef) à Touba, ce dimanche 12 juillet, le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a pris pour cible le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, lui reprochant son mode de gouvernance et ses choix politiques.
Face à ses militants, le leader du Pastef n’a pas mâché ses mots. Il a qualifié le chef de l’Etat sénégalais de ‘’président marionnette’’ et ‘’facilement manipulable’’.
‘’Que Dieu nous préserve d’un président frileux. C’est une catastrophe. C’est quelqu’un qui se laisse facilement manipuler. Il se laisse influencer par des hommes politiques de la dernière heure. Même l’opposition le manipule en lui faisant croire qu’il détient les forces de défense et de sécurité et qu’il a la possibilité d’obtenir un second mandat’’, a déclaré Ousmane Sonko, cité par Les Echos et Pressafrik
Le président de l’Assemblée nationale affirme avoir pris conscience, avec le recul, que Bassirou Diomaye Faye nourrissait depuis longtemps des ambitions politiques personnelles au sein même du Pastef.
‘’Avec le recul, je me rends compte qu’il travaillait en coulisses pour créer son parti dans le parti. C’est à cela qu’il s’employait lorsqu’il occupait le poste de secrétaire général et de coordonnateur des cadres. Une fois devenu président, il s’est cru tout permis et pensait récupérer la majorité des cadres lorsqu’il s’est séparé de moi. Malheureusement pour lui, personne ne l’a suivi’’, a-t-il martelé.
Ousmane Sonko reproche au chef de l’État de privilégier, selon lui, des considérations politiques au détriment des urgences auxquelles le Sénégal est confronté. ‘’Il faut que les Sénégalais sachent qu’ils ne sont nullement la préoccupation de Diomaye Faye’’, a-t-il lancé devant une foule de militants réunis à Touba.
Il s’interroge sur les priorités du président de la République, évoquant un contexte économique et social particulièrement difficile.
‘’Quel président peut se permettre d’avoir le temps de convoquer, du matin au soir, au Palais de la République, des gens pour former un nouveau parti politique au moment où la dette est quasi impayable, où il n’y a aucun programme avec le FMI, où l’hivernage est marqué par autant d’incertitudes et où la tension est palpable dans tous les secteurs de la vie socio-économique ?’’, se demande Ousmane Sonko.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.info
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