Après plusieurs missions d’inspection ayant fait état d’une forte dégradation de l’environnement, le gouvernement guinéen a décidé de durcir le ton face à l’exploitation anarchique de l’or dans la région administrative de Siguiri. Il annonce l’interdiction totale de cette pratique et le déploiement permanent des forces de défense et de sécurité sur le terrain.
La décision a été officialisée dans un communiqué conjoint signé par le ministre délégué auprès du président de la République, chargé de la défense nationale, la ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, le ministre de la sécurité et de la protection civile, le ministre de l’environnement et du développement durable ainsi que le ministre des mines et de la géologie.
Selon le communiqué, les missions d’inspection et d’évaluation menées ces derniers mois ont établi ‘’une dégradation alarmante de l’environnement’’ due à l’exploitation anarchique des ressources minières, notamment de l’or, par des opérateurs artisanaux qui ne respectent pas la réglementation en vigueur.
Le gouvernement évoque la destruction des sols, des terres agricoles et du couvert végétal par l’utilisation d’engins lourds, mais aussi la pollution et l’ensablement du fleuve Niger, Djoliba, du Tinkisso et de leurs affluents, présentés comme une zone humide d’importance internationale.
Les autorités ont interdit ‘’l’utilisation de dragues et toute extraction ou lavage de minerais dans les lits ou sur les berges des cours d’eau’’, ainsi que ‘’l’utilisation d’explosifs, de mercure, de cyanure et tout autre produit chimique dangereux’’.
L’exploitation minière est aussi interdite dans les lits et sur les berges des cours d’eau, sur les terres agricoles et de pâturage, dans les aires protégées et les forêts classées, ainsi qu’aux abords des agglomérations et des infrastructures publiques.
Pour faire respecter ces mesures, le gouvernement annonce un déploiement permanent des forces de défense et de sécurité dans la région administrative de Siguiri.
Le dispositif comprend des unités des armées, de la gendarmerie nationale, de la police nationale, des douanes et du corps des conservateurs de la nature en vue d’assurer la surveillance de la zone et de contrôler les principaux axes d’accès à la région.
Des contrôles sont institués sur les axes routiers et fluviaux ainsi qu’aux points d’entrée de Siguiri pour empêcher l’acheminement d’engins lourds, de dragues, d’explosifs et de produits chimiques destinés à l’exploitation illégale.
Les unités et services déployés sur le terrain vérifieront l’identité et la régularité du séjour des personnes présentes sur les sites. Les étrangers en situation irrégulière feront l’objet des procédures prévues par la loi.
Le communiqué précise par ailleurs qu’il est ‘’formellement interdit à tout citoyen d’apporter, à quelque titre que ce soit, la protection à une personne physique ou morale dans le cadre de cette procédure’’. Tout manquement sera puni de sanctions disciplinaires, sans préjudice des poursuites judiciaires.
La Commission régionale de défense et de sécurité ainsi que les commissions préfectorales et sous-préfectorales, sont chargées de la mise en œuvre et du suivi des mesures. Elles devront transmettre chaque semaine un rapport à la Commission nationale de défense et de sécurité.
Les autorités administratives, les présidents de districts et les chefs de secteurs sont, quant à eux, personnellement responsables du respect des mesures dans leurs circonscriptions.
Le gouvernement prévient que ‘’toute tolérance, toute complicité, toute exploitation illicite de l’or ou toute perception de redevance sera sanctionnée’’.
L’achat et la vente de l’or produit dans la région restent autorisés uniquement à travers les comptoirs agréés. Toute violation des mesures expose les auteurs, co-auteurs et complices, quelle que soit leur nationalité ou leur qualité, aux rigueurs de la loi et du règlement.
Les ministres signataires appellent les populations de la région administrative de Siguiri, les autorités coutumières et religieuses, les organisations de jeunes et de femmes ainsi que les opérateurs miniers à faire preuve de civisme et à collaborer avec les autorités en signalant toute activité illégale.
Le gouvernement assure que ces mesures ‘’ne constituent nullement une remise en cause de l’importance du secteur aurifère dans l’économie nationale’’. Elles visent, selon le communiqué, à ‘’protéger les vies humaines, préserver l’environnement et garantir l’exploitation des ressources minières conformément aux lois de la République ou aux principes de développement durable’’.
Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info
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