Pour la première fois de son histoire, la Guinée accueillera une compétition continentale officielle de tennis du 29 juin au 6 juillet 2026 à Kamsar. Organisée en prélude à la 4e édition du Championnat d’Afrique ITF/CAT U12 (Afrique de l’Ouest 1), une conférence de presse s’est tenue ce mardi 16 juin 2026 à Conakry. Dirigeants sportifs, membres du gouvernement et partenaires, notamment la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG), se sont réunis pour dévoiler les contours de ce rendez-vous historique qui vise à propulser le tennis guinéen vers l’élite internationale tout en le couplant à l’éducation.
C’est un véritable tournant pour le sport guinéen. Longtemps resté dans l’ombre, le tennis national s’apprête à vivre son heure de gloire à Kamsar.
Le championnat ITF/CAT des 12 ans et moins de la zone Afrique de l’Ouest 1 rassemblera les meilleurs jeunes talents de sept nations dont la Guinée, le Sénégal, la Mauritanie, le Mali, la Gambie, la Guinée-Bissau et le Niger.
Un défi d’organisation titanesque rendu possible grâce à l’appui de la CBG, dont la présence des représentants à cette conférence de presse témoigne de l’importance de ce partenariat.
Ouvrant la série des interventions, Mohamed Camara, secrétaire général de la Fédération Guinéenne de Tennis (FGT), a planté le décor historique de cet événement.
Il a souligné que “cet événement revêt un caractère historique pour notre pays”, car, pour la première fois, la Guinée accueillera une compétition continentale officielle reconnue par l’ITF et la CAT.
Durant une semaine, Kamsar deviendra le point de convergence du tennis ouest-africain, offrant aux jeunes “une occasion unique de compétition, d’échange et de fraternité”.
Ce rendez-vous marque surtout la fin d’une longue crise. Le secrétaire général a rappelé qu’entre 2008 et 2018, la Guinée était suspendue de toutes les activités internationales pour non-paiement de ses cotisations, ce qui a “fortement freiné le développement de notre discipline”.
Sous le leadership du président de la FGT, Bouna Sylla, les arriérés ont été soldés et la suspension levée. Ce redressement a permis à la Guinée de remporter plusieurs médailles d’or et d’argent entre 2023 et 2025.
Aujourd’hui en classe C, l’ambition de la fédération est d’accéder à la classe B pour débloquer des financements majeurs, intégrer la Coupe Davis et installer le tennis en milieu scolaire.
Mohamed Camara a conclu en adressant ses sincères remerciements au président de la République, Mamadi Doumbouya, au gouvernement, ainsi qu’aux “partenaires stratégiques de la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG), dont l’appui et la confiance ont été déterminants”.
Prenant la parole, Bouna Sylla, président de la FGT, a mis l’accent sur la politique jeunesse et la nécessité absolue d’associer le sport aux études. Saluant la présence à ses côtés du ministre de l’Éducation nationale, il a ainsi insisté sur cette synergie essentielle pour que les enfants se sentent “bien dans leur peau et dans leur tête”.
Il a rappelé les talents bruts du pays, à l’image d’une jeune fille de Siguiri ayant remporté la coupe sous-régionale, mais a précisé que “l’une des conditions du développement du tennis est qu’aucun enfant ne soit privé d’école”.
L’objectif, à terme, est de permettre aux meilleurs athlètes d’obtenir des bourses d’études dans de grandes universités étrangères afin de “faire sortir le tennis guinéen de l’anonymat pour en faire un sport connu au même titre que les autres grands sports”.
Cette vision est partagée par Alpha Bacar Barry, ministre de l’éducation ationale, de l’Alphabétisation, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle.
Se qualifiant avec humour de “premier élève” prêt à se faire coacher par le président de la FGT, le ministre a rappelé que “les jeunes qui font du sport et qui vont à l’école performent mieux tant physiquement qu’intellectuellement”.
Il a souligné que l’École nationale d’éducation physique et sportive, initiée par son département, intègre déjà le tennis pour former les futurs moniteurs et entraîneurs du pays.
Le ministre a également dévoilé un projet d’infrastructure majeur portant sur la construction d’un centre de mise au vert à 1 200 mètres d’altitude, conçu pour que les équipes nationales développent “les capacités pulmonaires nécessaires pour descendre au niveau de la mer et courir comme des antilopes”.
Selon lui, investir dans des équipes performantes permettra de générer des ressources et de faire émerger “beaucoup de Serena Williams” au sein de la jeunesse guinéenne.
Mas Barry, directeur national adjoint des sports, a clôturé la conférence en justifiant le choix stratégique de décentraliser la compétition à Kamsar plutôt qu’à Conakry.
Il a expliqué qu’il est primordial de “créer des pôles de compétitivité dans le domaine du sport à travers le pays”.
Rappelant que les cités minières comme Kamsar, Sangarédi ou Fria possédaient de riches installations par le passé, il a affirmé la volonté du ministère de “stimuler les entreprises qui sont là-bas afin de nous aider à disposer des infrastructures nécessaires”.
Saluant le travail de fond du président de la fédération, qui a permis de remporter plusieurs médailles d’or ces dernières années, il a conclu qu’avec un suivi rigoureux de ces enfants, la Guinée peut légitimement “espérer avoir des Serena Williams”.
À travers ce rendez-vous de Kamsar, la Guinée ne se contente pas de réintégrer l’élite du tennis ouest-africain. Elle pose les jalons d’un modèle économique et social où le sport devient un vecteur d’inclusion scolaire.
En s’affirmant comme le sponsor majeur, la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG) démontre qu’elle est bien plus qu’un partenaire commercial. Elle s’impose comme un acteur essentiel de cette aventure humaine, liant durablement l’avenir de la jeunesse guinéenne à l’excellence sportive et au rayonnement international du pays.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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