C’est désormais bien connu. L’éducation est en lambeau ; la santé aussi ; le tissu social est déchiré; l’administration est corrompue; la sécurité laisse à désirer; l’environnement est malmené; la kyrielle est longue; le mal être règne partout. Le temps n’est plus à la critique, pas même à la réflexion ; mais plutôt à l’action.
Malheureusement, les stratégie et mécanisme pour susciter cette action tardent à se mettre en place. Celles qui sont le plus souvent préconisées portent invariablement sur un déclic souhaité au niveau soit de la classe dirigeante soit du peuple. Mais l’évolution sociopolitique de la Guinée de la dernière décade n’augure pas cette possibilité ni d’un côté ni de l’autre.
La raison en est simple. Le peuple est une notion virtuelle. Il est illusoire de penser qu’il peut réagir de façon spontanée sans un levier approprié et adapté à la circonstance. Le peuple s’exprime à travers des organisations de la société civile qui sont aujourd’hui toutes phagocytées par l’Exécutif. Celui-ci se sentant de par ce fait en position de force, n’éprouve aucun besoin de se remettre en cause.
Sur l’échiquier politique, les acteurs ont eux aussi montré leurs limites. De telle sorte que l’alternative de changement reste la classe intellectuelle. Il appartient donc aux intellectuels qui réprouvent la mal gouvernance du pays, la situation de précarité et de violation des droits des citoyens de se retrouver et s’organiser et de lutter par tous les moyens légaux, pour faire barrage à la déshumanisation des populations.
Les intellectuels de tous les bords, les leaders d’opinion, religieux, patriarches, sages, artistes sont invités à se réinventer et s’investir pour cette noble cause. Puisse Dieu nous y disposer.
Aameen !!!
Par Sény Facinet Sylla