L’utilisation des contraceptifs est de plus en plus sollicitée, que ce soit pour éviter les grossesses non désirées ou pour espacer les naissances. Bien que l’efficacité de ces méthodes soit reconnue pour une meilleure planification familiale, plusieurs interrogations persistent : sont-elles autorisées en islam ? Présentent-elles des effets secondaires sur la santé des femmes ?
Pour éclairer ces interrogations, nous avons recueilli les avis d’Agnès Millimono, sage-femme à la maternité de Coyah, d’Elhadj Amadou Oury Diallo, chroniqueur islamique, ainsi que de Mme ABM, qui a préféré témoigner sous couvert d’anonymat.
Selon Agnès Millimono, ‘’la planification, c’est l’ensemble des méthodes mises à la disposition de la population pour espacer les naissances. Le couple est libre de venir se présenter et de choisir la méthode qui lui convient (…). La planification familiale a des avantages. Supposons que tu as une, deux ou trois jeunes filles à la maison à l’heure de la puberté. Pour éviter les grossesses non désirées, on peut les planifier. Pour les femmes mariées, au moins pour avoir du temps avec les enfants, il faut se planifier. Si tu ne désires pas une grossesse, il faut prendre les méthodes sûres et à long terme’’.
À celles qui craignent de ne plus pouvoir enfanter après l’utilisation de ces méthodes, elle apporte des précisions. ‘’Dire que quand tu prends, tu ne pourras plus faire d’enfant, je ne peux pas certifier cela. Parce qu’on a vu des femmes qui avaient des désirs d’avoir des enfants et ces femmes-là ont été traitées à partir de ces hormones. Par exemple, si nous prenons le DIU (dispositif intra-utérin), quand on le place, c’est pour trois mois. Après trois ou quatre mois, on peut l’enlever. Et si la femme a de la chance, elle peut enfanter, parce que c’est Dieu qui donne les enfants. Le plus souvent aussi, on passe par le stérilet. Quand on place le stérilet, après trois mois, on l’enlève. On peut faire le retrait et continuer le traitement pour la conception’’.
Interrogée sur un éventuel lien entre contraceptifs et cancer, elle répond : ‘’Selon ce que j’ai appris, en prenant ces contraceptifs, ça ralentit l’évolution du cancer. Maintenant, c’est à la femme de voir, de faire des consultations gynécologiques. Et au médecin de demander des examens pour au moins voir à quel niveau, à quel stade se situe le cancer. Pour le moment, même s’il y en a, je ne suis pas informée. Mais ce qui est clair, dans la prise de ces méthodes, dès qu’il y a risque, le système de limite est là, le freinage est là’’.
De son côté, Elhadj Amadou Oury Diallo explique la position de la religion musulmane. Il affirme que ‘’l’islam n’interdit pas l’espacement des naissances. Ce que l’islam interdit, c’est d’y mettre fin. Par exemple, dire que moi, je ne veux plus faire d’enfants. C’est ce que l’islam n’accepte pas, sauf s’il y a une cause acceptée par la religion. Par exemple, si la femme a une maladie et que les médecins spécialistes ont diagnostiqué qu’elle ne survivrait pas à une nouvelle grossesse. Mais dire seulement : j’ai eu beaucoup d’enfants et je ne peux plus tenir financièrement, l’islam ne le permet pas’’.
Il met toutefois en garde contre certaines pratiques. ‘’Il n’est pas autorisé à la femme d’utiliser des contraceptifs qui peuvent troubler ses menstrues. Tout ce qui peut troubler son programme de menstruation, elle doit s’en éloigner. Parce que les règles ont des liens avec les adorations. Si c’est le mois de Ramadan, cela a des liens avec le jeûne et les prières. Ça a des liens pour entrer à la mosquée ou bien prendre le Coran et lire. Donc si cela est perturbé, l’adoration de cette femme est perturbée. C’est pourquoi, l’islam ne le permet pas. »
Mme ABM, mariée et mère de deux enfants, raconte sa propre expérience. ‘’Mon premier enfant avait juste quelques mois et j’ai jugé nécessaire de passer par la planification familiale pour me reposer un peu. Après les conseils de mon gynécologue, j’ai opté pour le stérilet. Quatre jours après le placement, mon bas-ventre me faisait énormément mal. Quand j’ai informé mon médecin, il m’a dit que c’était normal et que ça allait passer. Mais après, j’ai saigné abondamment. Je suis revenue à l’hôpital et le médecin a dit que mon corps n’avait pas bien réagi. Donc, on l’a enlevé. Depuis ce jour, je n’ai plus envisagé d’utiliser une autre méthode’’, explique la mère de famille.
Djiwo BARRY, pour VisionGuinee.Info
00224 621 85 28 75/djiwo.barry@visionguinee.info
Meilleurs solutions pour les guineen.