Des organisations de la société civile et partis politiques ont sollicité la médiation des chefs religieux et coutumiers pour faire fléchir le président Alpha Condé. Mais celui-ci continue de dérouler son programme de changement de la Constitution et de l’élection d’une nouvelle Assemblée nationale.
Problème de taille : les partis politiques qui mobilisent au moins 85 pour cent des guinéens ont décidé de ne pas participer à ce qu’ils qualifient «de mascarade électorale car, preuves à l’appui, des membres de la Commission électorale nationale indépendante ont dénoncé les conditions de préparation de ces élections. Le fichier électoral est corrompu et si d’un côté des mineurs sont recensés et que certaines personnes se retrouvent avec au moins 2 cartes électorales, dans d’autres sous/préfectures, notamment au Foutah, aucune opération de recensement n’a été terminée et dans certains cas d’ailleurs, aucun recenseur ne s’y est présenté».
Des zones comme Lambanyi, faisant partie des secteurs dits paisibles de Conakry, commencent à ressembler à ceux de Wanindara, Cosa, Cimenterie et Bambeto. Cette matinée, des policiers et gendarmes y affrontent des manifestants contre le référendum. La capitale guinéenne est-elle en train de faire une répétition des affrontements annoncés par le Président Alpha Condé, entre partisans et adversaires des élections du 1er mars 2020 ?
En tout cas, des observateurs de la scène politique guinéenne notent que « plus l’échéance se rapproche, davantage la tension sociopolitique monte, s’aggrave. Et dans cette intifada guinéenne, qui ne sera pas circonscrite qu’à Ratoma, comme c’était souvent le cas, le gouvernement et ses partisans pourraient avoir de la difficulté à faire maintenir l’ordre fasse à des foules déterminées».
La mission de la Cedeao pourra-t-elle aider à trouver une solution pour éviter au pays la crise. Des analystes des milieux politiques, surtout ceux de l’Opposition, ne le croient pas. Pour eux, «ces gens ressemblent à des touristes. Ils savent ce qui se passe ici. Ils savent que le Président n’a pas le droit de se présenter à la prochaine élection. Ils savent que l’Opposition a gagné toutes les élections, surtout les communales de février 2018 qui, il est important de le souligner, ne sont pas encore achevées. Alors pourquoi nous faire perdre du temps ? Le Président en exercice de la Cedeao, Mahamadou Issoufou, Président du Niger, a dit son opposition aux coups d’état constitutionnel. Alors pourquoi dépêcher une mission en Guinée pour je ne sais quoi ? Fallait juste dire aux autorités guinéennes que leur projet référendaire et les élections législatives sont porteurs de germes de conflits graves et qu’il faut y renoncer». Lire la suite de l’article sur GuinafNews.info en cliquant ici…