Le document de deux pages, adressé au ministre Cheick Sako, a été finalement lu à quelques encablures du Port autonome de Conakry où campaient les manifestantes depuis le matin.
Dans ledit mémorandum, elles critiquent l’appareil judiciaire qu’elles qualifient de justice à deux vitesses, citant des cas qui sont déroulés notamment à Banankoro, Conakry, Nzérékoré et Koundara où “les auteurs des crimes et délits sur les personnes et les biens, tous identifiés comme militants du RPG font l’objet d’aucune poursuite. Tandis que les victimes, elles, croupissent en prison ou végètent dans un dénuement total, tous leurs biens ayant été détruits ou emportés”.
Elles rappellent le cas du secrétaire fédéral de l’UFDG à Banankoro, Sékou Mara dont la maison “fut entièrement calcinée par des militants du RPG” pendant la campagne électorale et le cas du “trésorier du bureau fédéral Elhadj Souleymane Diallo, opérateur économique actuellement détenu à Kérouané”. Des faits, d’après elles, qui “illustrent parfaitement l’injustice dont sont victimes” les responsables et militants de l’opposition.
Pour les manifestantes, de telles pratiques démontrent la “faillite de l’Etat républicain et la dérive de l’administration qui sont désormais inféodés au RPG. Cela a pour conséquence une justice à deux vitesses : une qui sévit contre de pauvres innocents, l’autre qui garantit l’impunité aux auteurs des crimes”.
Face à cette situation, les femmes de l’opposition exigent “la libération inconditionnelle de tous les prisonniers politiques, l’indemnisation de toutes les victimes de violence politique, ainsi que l’identification et la traduction devant les tribunaux sans délai des véritables auteurs des crimes et délits”.
Elles demandent aux autorités de garantir “l’indépendance et l’impartialité de la justice, mettant ainsi fin à l’interférence du RPG et du gouvernement” dans les affaires judiciaires. Les manifestantes mettent l’Etat face à ses responsabilités en lui rappelant la nécessité d’assurer “l’égalité de traitement de tous les citoyens devant la justice, pour mettre fin à toute discrimination fondée sur l’appartenance politique, ethnique ou régionale”.
Elles exigent par ailleurs le droit à un procès juste et équitable pour tous pour, notent-elle, mettre ainsi fin à l’instrumentalisation de la justice. L’Etat doit également, font-elles remarquer, garantir aux uns et autres “le libre exercice des libertés publiques reconnues et garanties par la Constitution”.
Aissatou Diallo, pour VisionGuinee.Info
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